Les remakes, c’est la mode. Mais refaire juste un lifting technique, avec des graphismes et de la musique remis au goût du jour est-il suffisant ? Non !

Exactement la même chose… en plus beau


A l’époque, lors de sa sortie en 1998, Medievil est reçu comme un super beau jeu. Pause. Relancez-le maintenant. Ok, vous avez compris : une fois de plus, votre esprit vous a berné. Avec le temps, le jeu a abominablement vieilli, comme la plupart des jeux de la première Playstation.

On parle à l’époque, je cite le test de jeuxvideo.com : "d’une réalisation remarquable et d’un gameplay exemplaire."

L'infâme Zarok !
L'infâme Zarok !

Ok, fort de cela, les développeurs se sont certainement dit : "on ne touche à rien, on fait juste un truc plus chouette histoire de le remettre au goût du jour.

Et ce n’est pourtant pas la première fois que Medievil se prend un lifting, puisque Medievil Résurrection avait déjà sévi sur PSP en 2005.

Tim Burton je t’aime


Medievil fait énormément penser à l'oeuvre cinématographique de Tim Burton, car on retrouve à peu près tout ce qui fait le succès d’un film comme l’Etrange Noël de Monsieur Jack : de l’humour (noir), et cette direction artistique à la fois morbide et légère si particulière.

Le cimetière, inoubliable premier niveau.
Le cimetière, inoubliable premier niveau.

Ce héros finalement un peu naze de Sir Fortesque est plutôt attachant et, si le scénario n'est pas si profond que cela, il permet tout de même de se taper un jeu de plateforme sympathique à l'humour si anglais.

On oscille donc de l'horreur classique à la Hammer aux situations loufoques à la Terry Pratchett. C'est donc la direction artistique et la narration qui on fait le succès du jeu d'origine.

Et plus de vingt ans plus tard, cela fonctionne encore. Dans la narration tout du moins.

Le hall qui vous permet de débloquer de nouveaux pouvoirs.
Le hall qui vous permet de débloquer de nouveaux pouvoirs.

Un bon jeu de 1998 fait-il un bon jeu en 2019 ?


C'est la grande question que l'on peut se poser quand on joue à Medievil, surtout que je l'avais particulièrement adoré à l'époque (comme la plupart des joueurs). Sauf que 21 années se sont écoulées, et que de jeune con je suis devenu un vieux con.

Ma patience était déjà limitée à l'époque, elle l'est encore moins maintenant, d'autant que la façon de jouer à des jeux de la fin des années 90 n'est pas la même que celle de jouer vingt ans plus tard...

Et devoir recommencer un niveau en entier pour se taper un boss, bah là pour moi ça ne passe plus. Même les jeux néo-rétro qui sortent par palettes de 32 sur les stores en ligne des consoles ne jouent pas à ça, car c'est souvent rédhibitoire pour la plupart des joueurs.

La carte est très chouette.
La carte est très chouette.

Car à l'époque déjà, le jeu avait des soucis de gameplay, que l'on oubliait rapidement car la réalisation et le propos, allié à cette direction artistique remarquable faisait que l'on prenait son mal en patience.

Encore une fois, cela ne fonctionne plus pour les vieux cons que nous sommes devenus deux décennies plus tard. Après, le jeu se termine en six ou sept heures, ce qui relativise une fois de plus ses défauts.

Les sauts sont imprécis, de même que les coups ou même les bugs de caméras que l'on espérait avoir enterrés avec la première Playstation.

Vous devrez affronter pas mal de boss.
Vous devrez affronter pas mal de boss.

Dommage, finalement, l'approche nostalgique qui prend pas mal de libertés avec l'original, comme Resident Evil 2, est à mes yeux une bien meilleure solution.


Le jeu propose quelques éléments de puzzle / réflexion.
Le jeu propose quelques éléments de puzzle / réflexion.

Bon jeu

Medievil

Medievil cru 2019 est une déception. Son nouvel écrin prouve que son humour et son propos décalé restent un beau morceau de bravoure dans le monde du jeu vidéo. Mais son gameplay approximatif et ses mécaniques vieilles de 21 ans pètent trop rapidement le plaisir de jeu. On vieilli, nous aussi.

La note : 4/6 (Bon jeu)