En 1989, la PC-Engine connaît un bon succès au Japon après deux ans de commercialisation. Néanmoins, durant ces deux années, le monde du jeu vidéo à continué d'évoluer, avec principalement Sega et sa surpuissante Megadrive. Hudson, toujours en partenariat étroit avec Nec, se devait donc de répondre à ces avancées.

La Supergrafx sort au début de l'année 1990 et marque de gros changements par rapport aux précédentes consoles de la marque. Premièrement, c'est bien entendu au niveau technique que les choses ont changé. Avec dorénavant un vrai processeur 16 bits aux commandes, quatre fois plus de mémoire vive et une mémoire vidéo doublée, la nouvelle venue fait figure de bombe.
L'autre grande évolution est tout simplement visuelle. Beaucoup plus grosse, la Supergrafx fait dans le gros lourd, avec un aspect sidérurgique très prononcé. Il n'y a qu'à voire les fausses vis incrustées dans le plastique pour s'en convaincre. La PCE-Engine était la console la plus petite du monde, on se demande pourquoi les ingénieurs de chez Hudson et Nec n'ont pas gardé la même recette, d'autant que lorsque l'on ouvre la bête, on s'aperçoit que la carte mère n'est finalement pas beaucoup plus volumineuse que celle d'une bonne vieille Coregrafx.

La Supergrafx de NEC, très puissante, mais malheureusement trop peu utilisée.
La Supergrafx de NEC, très puissante, mais malheureusement trop peu utilisée.

Pour faciliter la vente et convaincre les consommateurs d'investir quelques uns de leurs deniers, la compatibilité avec la gamme précédente est totale. Le format de jeux reste donc le Hucard, et le lecteur de CD-Rom peut toujours être branché sur la machine (via un adaptateur spécial pour le CD-Rom², tout de même).
Malgré toutes ces spécificités alléchantes, l'échec sera plus que cuisant. Difficile de savoir pourquoi cette console s'est si rapidement cassé la figure. On ne compte tout simplement que cinq jeux tirant pleinement parti des nouvelles caractéristiques musclées de la console !

L'une des principales raisons de cet échec vient certainement d'une gestion marketing désastreuse. En sortant pratiquement en même temps son support CD-Rom, Nec offrait au public deux nouvelles machines. Le support CD étant bien moins coûteux à produire et le parc de PC-Engine étant bien plus étendu, la plupart des éditeurs n'ont opté que pour ce nouveau support au détriment de la Supergrafx.
On peut aussi avancer que le public a très bien pu se révéler passablement perdu parmi toutes ces consoles Nec. La PC-Engine compte quatre modèles tous identiques (PC-Engine, Coregrafx, Coregrafx II et Shuttle), pourquoi cette nouvelle venue serait-elle différente des autres ? C'est très certainement ce que bon nombre de personnes ont dû se dire.

La boite de la Supergrafx.
La boite de la Supergrafx.

Reste que cet échec cuisant ne s'est pas trop ressenti dans les finances de Nec puisque le support CD a extrêmement bien marché, de même que la vente de Coregrafx. Reste un beau sentiment de gâchis lorsque l'on voit la qualité des quelques jeux sortis. 1941 et Aldynes sont deux shoot'em up particulièrement excellents tandis que Ghouls'n Ghosts propose une adaptation de grande qualité. Battle Ace, vendu avec la console, est une sorte de clone de Space Harrier techniquement impressionnant pour l'époque, mais cela s'arrête là.
Bien entendu, ces quelques titres ne suffisent pas à motiver l'achat d'une nouvelle plate-forme. On n'ose imaginer ce qu'aurait dû donner cette machine si elle avait réellement marché. Peut aurait-on même arrêté le massacre que l'on a connu avec la PCFX.

Nec Supergrafx côté technique

Microprocesseur : 65816 à 7,16 Mhz (16 bits) et Hu6280 à 3,58 Mhz (8 bits de Motorola 65C02 modifié par Hudson)
Mémoire vive : 32 Ko, et 128 Ko pour la vidéo
Vidéo : 320x244 en plus des modes PC-Engine, 256 couleurs parmi 4096
Son : 6 voies stéréo et 8 octaves
Prix d'origine : 2 490 F