Il y a des jeux qui se présentent comme des naufrages... Et pourtant...

Une série de légende pas forcément bien représentée en jeu vidéo


Robocop, le film, est sorti en 1987. Ultra violent et profondément marquant, il a été adapté en jeu vidéo sur la plupart des plateformes de l'époque, avec plus ou moins de réussite. Plutôt moins que plus d'ailleurs. Game Boy, Nes, Super Nintendo, il y a eu pas mal d'adaptations.

Entre-temps, le film a connu deux suites, logiquement nommées Robocop 2 et Robocop 3. Beaucoup moins réussies, ces suites ont le mérite de faire perdurer la saga, d'approfondir le mythe, et de permettre de continuer de suivre les aventures d'Alex Murphy.


Une annonce qui fait peur


Quand le studio polonais Teyon annonce qu'il va faire un jeu sur Robocop, tout le monde s'en fout royalement. Au mieux, on se frotte les mains dans la perspective de pouvoir cracher sur ce qui sera à coup sûr un nanar.

Car dire que le studio a mauvaise réputation, c'est un euphémisme. Depuis 2006, ils en ont balancé des jeux, la plupart passés inaperçus. Mais quand ils touchent aux adaptations de films, cela donne Rambo: The Video Game. Pas terrible.

Mais il y a de l'espoir, les mecs bossent et apprennent de leurs erreurs. En 2019, le studio nous balance Terminator Resistance. C'est tout à fait honorable et étonnamment bien foutu.


Du coup, quand Robocop Rogue City sort en 2023, édité par Nacon, pas mal de choses remontent : finalement, cela ne serait pas la grosse bouse tant attendue. Et loin de là.

Robocop : Rogue City, la bonne surprise


Quand on lance le jeu, on se retrouve face à un logo énorme. Ce n'est pas fin, mais ça suinte les années 80 / 90.

Un petit air de piano, tout calme, fait alors tilter : c'est une reprise du fameux air du film ! De quoi nous balancer directement dans l'ambiance.


On lance la partie, et là, c'est étonnant. Déjà graphiquement, c'est vraiment pas mal foutu. Cela vient notamment de l'utilisation de l'Unreal Engine 5, qui fait ici des merveilles. La ville de Detroit, moche, sombre et mal famée, y est parfaitement rendue.

On se retrouve littéralement balancé dans les films.

Un gameplay minimaliste... mais suffisant


Toutes les anciennes adaptations de Robocop, sorties sur consoles et micros 8 et 16 bits, nous montrent un Robocop qui saute. Eh, ya rien de tout ça dans le film !


Dans Robocop Rogue City, il est impossible de sauter ou même de se baisser. Cela laisse présager du pire, or il n'en est rien. Le jeu a sa propre grammaire, avec un dénominateur commun : vous faire ressentir Robocop !

On vise avec la gâchette gauche, on tire avec la gâchette droite, on reprend de la vie avec rond, on peut débloquer un dash avec la croix... et puis c'est à peu près tout. En appuyant sur le stick gauche, on court, sur le stick droit, on active la vision nocturne.

Vu la lenteur de notre robot policier, on utilise énormément R3 (le clic du stick gauche) pour "courir"... enfin, aller un peu plus vite. Personnellement, je n'ai jamais été fan. Avec la manette Dual Sense Edge, il est possible de remapper les boutons, et notamment les clics sur les joysticks sur les deux boutons derrière la manette. Et puisque le jeu est édité par Nacon, on peut aussi parler de la manette PS5 éditée par Nacon. Il est possible de changer tous les boutons, ce qui donne un excellent confort, à la carte.


Mais même avec une manette standard (voir avec la PS Portal sur laquelle j'ai fait une partie du jeu), cela fonctionne très bien, puisque l'ensemble est très simple.

Les déplacements sont lents, mais le jeu ne manque pas de punch. On se couvre sur le coin des murs, on identifie les adversaires avec son radar, bref, le gameplay, c'est du pur Robocop !

De plus, le sound design est vraiment excellent : le bruit des pas de notre héros, les coups de feu et leurs impacts qui, déjà dans le film, étaient particulièrement reconnaissables, tout y est.


Vous l'avez compris, je suis fan du film, et je retrouve tout le look and feel que j'attendais, avec un côté gore très prononcé.

Tout au long du jeu, vous allez accumuler de l'expérience, qui vous débloque des points de compétences que vous pouvez utiliser comme bon vous semble afin de booster vos compétences. Défense, vie, force bien entendu, mais d'autres choses plus particulières comme votre déduction, votre radar, etc.

Un scénario bien foutu... pour qui aime Robocop


Et le gameplay ne fait pas tout, car Rogue City propose aussi une histoire qui reprend tout ce que l'on aime dans la série : c'est caricatural, il y a des méchants, des gentils, des bons flics, un cartel pourri, ces fumiers de l'OCP...


On y retrouve notre Robocop au milieu de politiciens véreux, en proie à ses démons qui apparaissent sous forme de dysfonctionnement. Le tout est logique et toutes les pièces du puzzle s'emboitent bien.

Scénaristiquement, le jeu parait se placer entre les deuxième et troisième films. Il est question de l'humanité de Robocop, un sujet qui reste parfaitement d'actualité, surtout maintenant que les AI sont entrées dans la vie quotidienne du grand public.

Durant les dialogues, vous pourrez faire des choix qui impacteront votre vision de vous-même, ainsi que celle de l'opinion publique. Vous pourrez aussi influencer les actes des personnages principaux autour de vous. Cela n'influence en rien le scénario, mais cela donne tout de même ce qu'il faut de sentiment de liberté.


Les quêtes secondaires sont assez scolaires, mais elles sont toujours assez courtes et permettent d'en savoir un peu plus sur les protagonistes secondaires qui vous entourent.

Les personnages sont assez rigides, mais plutôt bien caractérisés. L'ensemble est doublé uniquement en anglais, mais le niveau est assez bas pour pouvoir être suivi à l'oreille quand on a un peu l'habitude.

Tous les ingrédients sont là pour nous faire prendre notre pied. Et l'histoire, sans être incroyable, s'intègre judicieusement dans le lore de la licence Robocop. Tout cela m'a bien donné envie de connaître la suite.


Bien entendu, le jeu fourmille aussi de clins d'œil. Mais ils sont assez fins pour ne pas tomber dans le fan service gratuit.

Pour finir la petite trentaine de missions et me faire les quelques quêtes secondaires, il m'a fallu une bonne quinzaine d'heures. Un bon rythme, j'en aurais même voulu un peu plus !











Bon jeu

Robocop Rogue City

Un FPS où il est impossible de sauter ou se baisser, il fallait oser ! Pourtant, Robocop Rogue City est une excellente surprise. Pour qui aime la licence, il est vraiment à essayer.

La note : 4/6 (Bon jeu)