Le meilleur jeu de plateforme 3D de la première Playstation ?

La genèse d'un sacré studio et d'une sacrée licence


Il y a des studio qui ont du talent, et ce dès le début... ou presque. Spyro the Dragon n'est que le deuxième jeu d'Insomniac Games, et c'est déjà un carton plein, nous posant là l'un des meilleurs jeux de plateforme 3D sur Playstation première du nom.

Le jeu sera suivi de deux suites, Spyro 2: Ripto's Rage! et Spyro: Year of the Dragon tout aussi excellentes, toujours sur le même support.


Insomniac se focalisera ensuite sur deux nouvelles séries : Ratchett & Clank et Resistance, abandonnant le petit dragon. Ce dernier connaîtra de nombreuses suites, mais perdant au passage le génie de son studio créateur.

Chose assez marrante, il fera un peu comme Rayman et les Lapins Crétins : il se fera bouffer tout cru par sa progéniture, puisqu'au départ la série Skylanders est un spin-off de Spyro le Dragon !

La genèse de Spyro


Mais revenons à notre premier jeu de la série... et peut-être le meilleur finalement à mes yeux. J'y ai intensément joué à l'époque, donc ne m'en voulez pas pour cette partialité crasse. La première trilogie est excellente, un point c'est tout.


Spyro intervient à un moment où la Playstation, poussée par Sony, marque l'entrée du jeu vidéo dans un monde plus adulte, suivant le pas marqué par Sega... mais bon, hein, quand même, toucher les enfants, cela reste un chouette business. Alors autant essayer d'aller marcher un peu sur les plates-bandes de Nintendo.

Car à l'époque, la Nintendo régnait en maître sur les jeux de plateformes et les jeux destinés aux plus jeunes (mais également aux grands enfants que nous sommes toujours, même après toutes ces années).

Alors quoi de mieux que de proposer un jeu pour les plus jeunes ? Insomniac, qui avait à son actif Disruptor, un FPS plutôt violent qui n'avait pas rencontré le succès escompté, va radicalement changer de monde, en plaçant son petit Dragon dans un monde de contes de fées.


Déjà à l'époque, Insomniac et Naughty Dog (qui a alors déjà publié deux épisodes de Crash Bandicoot) travaillent ensemble, si bien que c'est le même artiste, Charles Zembillas, qui s'est chargé de la création des personnages de la série Crash Bandicoot qui se charge de donner un look à Spyro.

Côté bande son, c'est Stewart Copeland, le batteur de The Police qui s'y colle. Classe non ? D'autant que c'est la première fois qu'il compose pour un jeu vidéo. Chose assez marrante, notre homme étant assez nul aux jeux vidéo (ou n'ayant pas le temps d'y passer des heures), les gars de chez Insomniac lui filent des préversions où le petit dragon est invincible.

Il faut sauver le soldat Dragon


Le scénario est simpliste : l'univers est séparé en six mondes. Cinq pour des castes de dragons, et un pour l'infâme méchant débile Gnasty Gnorc.


Dans une émission, l'un des dragons le qualifie de simplet. Et forcément, ça ne lui plaît pas. Alors d'un coup de magie, il transforme tous les dragons en pierre ! Il ne reste que le jeune et fougueux petit (connard) de dragon, Spyro, pour en découdre.

Car Spyro, c'est un peu Sonic : un égo grand comme ça, pour un truc finalement beaucoup plus petit.

Et c'est parti pour six mondes (cinq mondes de dragons plus le monde du grand méchant, si vous avez bien suivi) dans lesquels il va falloir toucher les dragons pour les faire revenir à la vie. Pour passer un d'un monde à l'autre, il faut libérer un certain nombre de dragons. Simple et efficace. Il n'est donc pas nécessaire de sauver tous les dragons d'un niveau... Pourtant, le plaisir de l'exploration fait que l'on se prend vite au jeu.


À l'époque, le jeu sortait des sentiers battus du jeu de plateformes où il fallait se rendre d'un point A à un point B. C'est ce côté exploration qui va faire de Sypro the Dragon une belle claque pour tous ceux qui ont lancé le jeu à l'époque.

Côté gameplay, cela fonctionne bien : un bouton pour sauter, un pour planer (ce qui permet de faciliter la vie pour les plus jeunes), un pour foncer dans le tas et un dernier pour cracher des flammes. En fonction des adversaires, il faudra utiliser différentes attaques.

Une réalisation flamboyante


Là où Spyro the Dragon enfonce le clou et fait qu'il restera parmi les meilleurs jeux de la Playstation, c'est sa réalisation. C'est absolument superbe pour l'époque.


Rappelons-nous : en 1998, cela fait quatre ans que la Playstation est sortie, et que le monde du jeu vidéo ne jure plus que par la 3D. Mais vu la puissance à disposition, c'est de la troidé à la serpette qui a généralement très mal vieilli.

Eh bien ici, plusieurs dizaines d'années plus tard, ça fonctionne toujours bien.

Ce qui fonctionne un peu moins en revanche, c'est la gestion de caméra. Sans tomber dans l'horreur de ce que l'on pouvait trouver à l'époque, on reste tout de même dans quelque chose de peu intuitif, car les mécaniques de gameplay admises de nos jours - manier la caméra avec le stick droit - n'existait pas vraiment à l'époque.

Et souvenons-nous également que le jeu pouvait marcher à la manette classique de la Playstation, celle d'avant la Dual Shock, qui n'avait PAS de sticks analogiques !

Le jeu est visiblement pensé pour être utilisé à l'analogique, mais il reste tout de même assez ancien dans son gameplay, même s'il est assez souple. Avec un petit peu d'habitude, on s'y remet très bien.

Et on enchaîne les niveaux, parce que putain, c'est chouette !
Culte, indispensable !

Spyro The Dragon

Spyro the Dragon a marqué le jeu vidéo de son empreinte indélébile. Premiers pas d'Insomniac, il pose déjà un jeu excellent, qui reste encore très jouable de nos jours.

La note : 6/6 (Culte, indispensable !)