Tash-Kalar vous propose un jeu qui rappelle de façon lointaine les dames. Avec un côté hyper offensif.

Pas le jeu le plus connu de Vlaada Chvátil


Vlaada Chvátil est un auteur à part, tant il est capable de proposer des jeux radicalement différents.

Il s’est d’abord fait un nom chez les amateurs de jeux experts, aux règles exigeantes, avec Through the Ages ou encore Galaxy Trucker. Mais c’est surtout avec Mage Knight qu’il a prouvé qu’il était un maître pour sortir des jeux qui inondent la table avec du matériel en tout genre.

Il s’est également illustré dans le jeu coopératif avec Space Alerte, qui reste pour beaucoup l’un des meilleurs du genre.

Mais il s’est également fait connaître du grand public avec Codenames, sorti en 2015, un party game exigeant, qui prouve qu’il est encore possible de faire un jeu fun où il faut faire devenir des mots.


Tash-Kalar se situe entre les deux mondes : pas vraiment pour le grand public, mais restant simple à comprendre, il reste fidèles à la ligne directrice de l'auteur : faire bouger vos neurones.

Un jeu abstrait


Derrière sa belle couverture aux relents épiques, Tash-Kalar est un jeu abstrait. Presque totalement abstrait.

Mais comme jouer avec des morceaux de bois (ou, comme ici, de carton) de différentes couleurs n’est pas forcément du goût de tous, l’ensemble a été enrobé d’une belle couche visuelle ainsi que d’un background plutôt bien trouvé.

On plonge donc dans un monde magique sympathique, mais visuellement un peu vieillot. Rien de rédhibitoire, mais à la vue des pions sur le plateau, l’ensemble reste tout de même assez aride visuellement.

Un jeu abstrait particulièrement offensif


Dans Tash-Kalar, c’est l’offensif qui prime. Ouais, ce n’est pas pour les pleutres. Les règles sont finalement très simples, c’est la maîtrise de l’ensemble qui va vous demander un sacré paquet de parties. Le propre des bons jeux abstrait en quelque sorte.


Chaque joueur dispose de son propre deck de cartes. La boite du jeu propose quatre factions différentes : l’école des Hautes-Terres, l’école Sylvestre, l’école Impériale du Sud et l’école Impériale du Nord.

Ces deux dernières sont composés de cartes identiques, et sont donc idéales pour commencer et pour constater que, non, le jeu n’est absolument pas déséquilibré (oui toi, si tu perds, c’est juste que tu est moins bon que ton adversaire).

En plus de son deck et des trois cartes qu’ils ont en main, les joueurs disposent de pièces à leurs couleurs de trois types : communes, héroïques ou légendaires, qui correspondent à trois niveaux. Les communes sont moins fortes que les héroïques, qui elles-mêmes sont moins fortes que les légendaires.

Tour de jeu


A son tour, le joueur peut effectuer deux actions parmi les trois suivantes :

- Poser une de ses pièces communes sur le plateau, sur n’importe quelle case vide.
- Défausser une ou plusieurs créatures (c’est à dire des cartes) de votre main.
- Invoquer une créature (c’est à dire jouer une carte).


Et c’est l’invocation de créature qui est le nerf de la guerre dans Tash-Kalar.

Pour invoquer une créature, il faut que la disposition des pions soit la même que sur la carte. Rien de plus simple ? Pas forcément, car votre adversaire va modifier drastiquement le plateau à chacun de ses tours.

Il est donc impossible d’anticiper trop longtemps à l’avance. Il faut au contraire observer le plateau pour tenter d’en tirer la meilleure configuration.

Car une fois que vous avez joué une carte et invoqué une créature, cette dernière va vous donner un pouvoir spécial, le plus souvent vous permettant d’attaquer les pions adverses et de faire le ménage.

Afin d’égaliser un peu les choses, vous disposez de cartes Ruses, que vous piocherez une par une. Ces dernières vous donnent un bonus temporaire si votre adversaire est trop en avance sur vous.

Enfin, vous disposez également de cartes Légende (une par une également dans votre main) qui vous permettent d’invoquer des créatures légendaires. Difficiles à invoquer, mais quand vous y arrivez, ça fait très mal.

Deux modes de jeu


Tash-Kalar propose deux modes de jeu, qui permettent de varier les plaisirs.

Dans le Match à Mort, vous devez juste flinguer un max d’adversaires. C’est direct et rapide.

Dans le Duel Ancestral, vous devez réussir les objectifs présents sur les cartes objectifs tirés au hasard. Cela correspond à des placements, à des victoires sur votre adversaire, bref, il faut bien réfléchir pour tenter d'atteindre l’objectif… tout en faisant en sorte de gêner au maximum votre adversaire.

Ces deux modes proposent une variante de jeu en équipe, qui permet de jouer à quatre. Sinon, le jeu est clairement taillé pour être joué à deux. En tête à tête bien offensif.

Et ça marche !


Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça marche.

Le Match à Mort est simple et immédiat, mais c’est dans le Duel Ancestral que Tash-Kalar se révèle le plus intéressant. Chaque partie est différente, et on trouve ici tous les ingrédients d’un bon jeu de réflexion comme on les aime.

Du coup, il est clair que l’on ne va pas y jouer en se racontant des blagues tout en buvant des bières. On est ici à l’exact opposé d’un party game. Mais pour ceux qui aiment se tordre les méninges dans tous les sens, ce sera toujours un plaisir de sortir le plateau de Tash-Kalar.


Tash-Kalar, un jeu pour 2-4 joueurs de Vlaada Chvátil, illustré par David Cochard, édité par Iello pour des parties d'environ 30-60min.
Age conseillé : 13+.
Bon jeu

Tash-Kalar

Tash-Kalar est un jeu exigeant, simple à comprendre mais complexe à maîtriser. Derrière ses belles illustrations se cache un jeu très mécanique plutôt froid, et cela ne plaira pas forcément à tout le monde. Reste que ceux qui aiment faire chauffer leurs méninges devraient y jeter un coup d’oeil appuyé.

La note : 4/6 (Bon jeu)