The Way Remastered se destine principalement aux nostalgiques de Flashback et Another World. Sur les copies d'écran, ça donne envie. Une fois la manette en main, c'est moins reluisant.

Un hommage aux Grands Classiques


Basé sur un Kickstarter lancé en 2014, The Way propose une promesse qui va forcément toucher tous les vieux cons quarantenaires comme moi : proposer un trip au ressenti proche d'Another World et Flashback.

Et visiblement, cela a marché : 20 000 dollars canadiens récoltés auprès de 1,566 backers.

La narration est originale et bien foutue.
La narration est originale et bien foutue.

The Way apporte tout de même quelques petites choses, notamment au niveau de sa narration. L'idée d'afficher des phrases devant les endroits où l'on passe afin de donner des indications est particulièrement bien vue et immersive.

Il propose également un scénario finalement très intéressant, nous plongeant dans la SF si chère au coeur des auteurs de jeu vidéo des années 1980.

Sorti au départ sur PC et Xbox One deux ans après son Kickstarter, c'est à dire en 2016, il arrive ensuite sur Switch dans une version Remastered qui ne propose que quelques retouches.

Le jeu propose pas mal de phases de puzzle.
Le jeu propose pas mal de phases de puzzle.

Une réalisation aux petits oignons


Avec ses pixels dans tous les sens, The Way Remastered fourmille de détails et affiche une direction artistique flamboyante, malgré le monde souvent très sombre mis en place.

Les animations ne sont pas en reste, et l'ensemble respire à plein pixels son modèle, Flashback de Delphine Software, sorti à l'origine en 1993.

Another World ou Flashback, il faut choisir


Le soucis principal de The Way, c'est qu'il veut jouer deux hommages en un seul.

Le premier niveau permet de prendre ses marques.
Le premier niveau permet de prendre ses marques.

Flashback ne propose que peu d'action, et surtout une bonne dose d'exploration et de réflexion.

Au contraire, Another World joue plutôt la carte de l'action et du die and retry.

The Way essaie de jouer sur les deux tableaux, tentant de proposer un mix des deux. Le soucis, c'est que pour pouvoir prétendre à la difficulté mythique du jeu d'Eric Chahi, il faut une maniabilité irréprochable. Même chose pour certaines phases de Flashback, où la maniabilité millimétrée faisait finalement des merveilles.

Le jeu oscille entre des visuels sombres et des visuels où on respire un peu plus.
Le jeu oscille entre des visuels sombres et des visuels où on respire un peu plus.

Le soucis, c'est que The Way ne fonctionne pas de cette manière. Sa maniabilité brouillonne vous fera très régulièrement perdre la partie, que ce soit dans les phases d'action ou dans les phases de plate-forme. Dommage, car particulièrement irritant, voir rédhibitoire.

Difficile de s'émanciper de ses modèles ?


Oui, pas facile de rivaliser avec des titres aussi mythiques, si bien que notre progression ne se fait finalement que sous forme de "ben dans Flashback, c'était bien mieux foutu"... même si ce n'est pas forcément vrai, notre mémoire ayant idéalisé ces jeux élevés depuis au statut d'icône.

Pourtant, si on prend la patience de se coltiner ces putains de saloperies de merde de phases d'action à la con (sans parler des plates-formes) et des checkpoints pas forcément bien placés, on se trouve avec un jeu qui a réellement le goût de la grande époque.


Le visuel est vraiment le point fort de The Way.
Le visuel est vraiment le point fort de The Way.


Les phases de plateforme sont un vrai calvaire.
Les phases de plateforme sont un vrai calvaire.


Les phases d'action sont totalement ratées.
Les phases d'action sont totalement ratées.

moyen

The Way Remastered

C'est bien beau de vouloir faire un hommage, mais la partie action est totalement bousillée par un gameplay approximatif et un côté die and retry trop mou pour donner envie de continuer. Action ou narration, le mix est visiblement difficile.

La note : 3/6 (moyen)