Chroniqué par Nicolas Gilles
Un Vampyr médecin, c'est un peu comme un humaniste d'extrême droite : c'est très peu probable. Pourtant c'est l'idée de Vampyr. Enfin, le coup de médecin, pas de l'extrême droite.La grippe espagnole vampirisée
Vampyr se déroule à Londres, dans les année 1920, alors que la grippe espagnole ravage la ville et ses habitants.
Vous incarnez Jonathan Reid, un médecin plutôt nanti, qui va se transformer en vampire. Pour lui - et donc pour vous en tant que joueur - c'est le début d'un chemin de croix.

Il ne faut que quelques minutes pour devenir un vampire...
Comment mêler votre mission de médecin, sensé sauver des vies, à celui de vampire, dont l'alimentation est au contraire basée sur le principe d'ôter la vie ?
Tout au long de l'aventure, il vous faudra marcher sur le fil du rasoir, vos choix étant régulièrement cornéliens.
On retrouve donc parfaitement ici les implications morales si chères à Dontnod, studio de développement français connu pour Remember Me et surtout pour Life is Strange.

Vos aptitudes vous permettent de suivre la trace de vos proies grâce au sang répandu.
Le concept de mêler vampirisme et grippe espagnole propose un point de départ très original à l'aventure, et donne vraiment envie de plonger dans le jeu !
London's Burning !
Après le futurisme de Remember Me et les années 90 et l'adolescence de Life is Strange, on peut dire que le studio sort régulièrement des sentiers battus.
Ici, on plonge au coeur d'un Londres en pleine industrialisation et bousillé par une épidémie historique qui a ravagé toute l'Europe.

Vous allez passer BEAUCOUP de temps à discuter.
La direction artistique est au top. Même si l'ensemble est un peu rigide, les jeux d'ombre et lumière sur la ville sont particulièrement réussis.
Mais vous n'allez pas passer votre temps à observer la ville. Vampyr n'est pas vraiment un jeu d'exploration, mais une sorte de jeu d'aventure où vous allez devoir tantôt palabrer, tantôt vous battre.
Vampyr : un jeu particulièrement bavard
Si êtes amateur des jeux de Bioware et des discussions à rallonge, vous allez être aux anges ! Dans Vampyr, vous passez beaucoup de temps à discuter avec les habitants des quartiers de Londres.

Vous ferez régulièrement des découvertes macabres de ce genre.
Ces discussions vous apportent des indices pour poursuivre votre aventure, mais également pour mieux connaître les habitants et augmenter la confiance qu'ils ont en vous... Et s'ils ont confiance, vous pourrez beaucoup plus facilement les croquer ! Ou pas. C'est à vous de voir.
Seulement voilà : boire le sang de quelqu'un, c'est mal. Mais cela rapport aussi beaucoup d'expérience. Et d'autant plus si la personne vous connaît bien !
Vampyr serait donc un jeu amoral, où il faut gagner la confiance des personnages pour mieux les tuer par la suite ? Certes, vous pouvez le faire, mais le jeu vous incite par bien des côtés à opter plutôt pour la vertue et le côté clair de la Force... Sinon, vous risquez d'avoir à vous coltiner des adversaires beaucoup plus coriaces et des habitants forcément beaucoup plus méfiants.

L'ambiance est vraiment très bien rendue.
Toutefois, durant les discussions, vos choix n'auront finalement que peu d'incidence sur la suite de l'aventure. C'est un peu dommage. En revanche, vos actes (et surtout vos meurtres) en auront beaucoup plus.
Baston limitée
Entre deux discussions, vous devrez traverser la ville et combattre. En tant que vampire, vous êtes doté de belles aptitudes, mais cela ne sera pas suffisant.
Il vous faudra monter en niveau. Vous pourrez gagner de précieux points d'expériences en menant des quêtes principales ou secondaires, mais également en suçant le sang de personnages de la ville... même si c'est très mal !

Certains intérieurs tranchent avec la rugosité de Whitechapel.
Les combats sont assez rigides, mais restent très jouables. Dans tous les cas, vous devrez collecter de nombreux objets pour améliorer vos armes et vous permettre de préparer des potions.
Votre montée en niveau vous permettra également de dépenser vos points d'expérience pour améliorer vos capacités (vie, endurance, puissance du sang, etc.) ou pour acquérir de nouvelles capacités vampiriques.
Une carte pas trop grande
Vampyr n'est pas non plus un jeu à monde ouvert. Enfin si, mais un petit peu seulement.
Londres est découpé en quatre quartiers principaux. On trouve bien entendu le fameux quartier de Whitechapel, particulièrement glauque, mais également d'autres quartiers bien plus huppés.
La carte s'ouvre peu à peu au gré de l'aventure. Mais le côté exploration est très limité. On se heurte régulièrement à des barrières très artificielles qui contribuent au côté très rigide de Vampyr.
Il vous faudra également prendre soin de ces quartiers. Car après tout, vous êtes médecin ! Vous allez donc préparer des remèdes pour les habitants, sous peine de voir le quartier basculer dans le chaos.
Une version console au rabais
Cela saute au yeux : Vampyr a été développé pour PC. Sur PS4 (et même sur PS4 Pro sur laquelle j'ai fait toutes mes parties), le jeu souffre d'un framerate un peu poussif, surtout dans les combats ou lorsque l'on avance trop vite sur la carte.
Mais ce sont surtout les temps de chargement qui sont affreusement longs, avec près d'une minute pour revenir après que l'on soit mort ou lorsque l'on change de partie de la ville.
C'est dommage, mais cela ne bousille pas totalement le plaisir de jeu, fort heureusement. L'aventure est longue, et le fait qu'il n'y ait "que" quatre quartiers permet de donner au jeu une dimension humaine, bien loin des immensités des jeux à monde ouvert où l'on finit par gerber ces si grands espaces.






