Chroniqué par Nicolas Gilles
Marcher sur les plates-bandes de Castlevania, c'est risquer de se retrouver avec une épée plantée dans l'oignon.Illustre développeur
8 Eyes est développé par Thinking Rabbit, un studio japonais fondé en 1982 et qui a marqué l'histoire du jeu vidéo avec son premier jeu, Sokoban, le fameux puzzle game où il faut pousser des caisses aux bons endroits pour passer au niveau suivant.
Le studio fera pas mal de déclinaisons de sa poule aux œufs d'or, ainsi que d'autres jeux, comme le 8 Eyes qui nous intéresse ici.

Avec 8 Eyes, pas question de réflexion, mais de l'action pure et dure, puisque le jeu puise toute son inspiration dans Castelvania de Konami, sorti en 1986 également sur NES / Famicom.
Castelvania en mode touriste
Alors que le jeu de Konami nous fait évoluer dans un unique château, 8 Eyes nous fait voir du pays, avec des univers censés être très différents d'un monde à l'autre : le Magreb, l'Afrique, l'Espagne, l'Allemagne, l'Égypte, l'Inde ou encore l'Italie. C'est Tomb Raider avant l'heure !
On peut d'ailleurs commencer par le niveau de son choix, ce qui est bien appréciable. Chaque monde contient un gardien qui vous donnera un bijou qui permettra de débloquer le niveau final. Une fois tous les niveaux terminés, le niveau central est enfin accessible : The House of Ruth.

Mais bon, on ne va pas vraiment faire du tourisme, car le jeu est d'une difficulté absolument atroce. La maniabilité comme le level design s'inspirent énormément de Castelvania, tellement au point que l'on peut se poser quelques questions de droit. Heureusement que les décors sont différents... mais les éléments restent les mêmes : péter des chandeliers pour récupérer des munitions d'arme secondaire et monter des escalier, deux marqueurs forts du titre de Konami.
Un jeu pour deux joueurs exclusivement ?
8 Eyes est très difficile, car vous ne manipulez pas un personnage, mais deux. Vous incarnez Orin, un fauconnier, et son fringant volatile.
Orin est naturellement pénalisé : son attaque est plus courte que celle des adversaires, ce qui demande un bon timing, d'autant que les ennemis demandent plusieurs coups pour être envoyés ad patres. De plus, il est possible de commander le faucon, mais cela se fait en appuyant simultanément sur une touche.

À deux joueurs, une personne dirige Orin et l'autre dirige le faucon, ce qui est beaucoup plus commode et fait un poil baisser la difficulté.
Mais cela ne résout pas le problème récurrent du jeu : on a trop l'impression de se retrouver sur un calque du jeu de Konami. Malgré ses mondes à traverser, les décors font tous penser au château gothique de Castlevania.
On n'a qu'une envie, jouer à l'original.








