Chroniqué par Nicolas Gilles
De l'alcool, des démons, et une aventure qui laisse froid.Pas facile de passer après Oxenfree
Afterparty est le troisième jeu du studio Night School, après Mr. Robot: 1.51exfiltrati0n sorti uniquement sur mobile et surtout Oxenfree, désormais entré dans l'Histoire du jeu vidéo avec un grand H.
Pas facile donc de faire suite à un jeu qui a marqué autant de monde. Oxenfree a fait évoluer les jalons du jeu d'aventure, en affirmant qu'il est possible de faire un bon jeu narratif avec un gameplay minimaliste, voire inexistant.

Une gueule de bois d'enfer
Vous incarnez Milo et Lola, deux jeunes étudiants qui se rendent à une fête de fin d'année typiquement américaine. Sauf que cette fête se révèle être un montage réalisé... par des démons. Vous êtes morts, et êtes en enfer.
À vous de trouver pourquoi vous êtes morts, et peut-être même de trouver une solution pour revenir sur Terre.
L'occasion de rencontrer des personnages hauts en couleurs, le tout dans une aventure finalement beaucoup trop plan plan pour me tenir en haleine.

Le modèle Oxenfree... en moins bien
J'ai du mal à expliquer pourquoi, mais je me suis fait chier en jouant à Afterparty. Plusieurs fois, le jeu a failli me tomber des mains, alors qu'il ne faut que cinq ou six heures pour en voir le bout.
Afeterparty reprend le modèle d'Oxenfree, c'est-à-dire un jeu où les protagonistes parlent TOUT LE TEMPS, mais alors vraiment tout le temps que c'en devient saoulant. Cela fait partie du charme du jeu, mais, une fois de plus, pour nous autres français, ce doublage exclusivement en anglais est éprouvant (même s'il est de qualité), car il demande beaucoup de concentration.
Mais là où Afterparty ne prend pas, c'est au niveau de son monde et son histoire, il n'y a pas d'intensité, pas de rythme, et les quelques twists sont tellement classiques que c'en est navrant.

Tout au long du jeu, il faut picoler, faire la fête, avec un côté totalement factice, le message du jeu étant clair : l'alcool c'est pas bien, faire la fête pour oublier c'est carrément pas cool (bouuuuuh).
Même les deux protagonistes, deux amis mal dans leur peau qui se mettent de côté par rapport aux autres étudiants, sont assez antipathiques et ne donnent pas vraiment envie de mieux les connaître.
Pourtant, le jeu fourmille de bons mots et de bonnes idées, avec tout plein de références à la pop culture assez fines pour ne pas devenir lourdingues.

La réalisation est excellente, avec une direction artistique assez proche d'Oxenfree sans pour autant la copier totalement;
De plus, on a tellement l'impression d'être sur des rails que même les mini-jeux n'ont aucun enjeu : on s'adresse à des joueurs qui font appel à leur cerveau plutôt qu'à leurs réflexes. Cela donne le sentiment bizarre d'être totalement dépendant du jeu. Pourtant, j'apprécie tout particulièrement les jeux narratifs qui m'imposent leur point de vue, mais là, c'est juste que je ne suis pas rentré dans l'histoire.
Afterparty sur Steam Deck
Le jeu est mentionné comme compatible, rien à redire de plus, à part que ça tourne parfaitement bien.









