Chroniqué par Nicolas Gilles
Des gros pixels et du sang partout.Premier jeu
Forgive Me Father est le premier jeu de Byte Barrel, un studio Polonais fondé par Ernest Krystian et Kamil Przedziecki en 2017.
Le jeu est sorti en accès anticipé en octobre 2021, pour une version finale en avril 2022. En 2023, il est adapté sur consoles, PS4, Xbox et Switch.

FPS rétro lovecraftien
Techniquement, Forgive Me Father se présente comme un fast FPS aux allures rétro.
Vous incarnez au choix un curé ou une journaliste. Dans tous les cas, vous devez rechercher une personne. Arrivé dans le petit village qui sert de décor à l'aventure, vous réalisez douloureusement qu'un mal indicible s'est emparé des lieux.
On arrête là pour le scénario. Le jeu donne régulièrement des indications sur l'histoire, mais c'est nébuleux au possible. On est dans un FPS, on n'a pas besoin de scénar. Enfin, c'est ce que semblent penser les développeurs, s'inscrivant profondément dans la mouvance des années 90.

Visuellement, on a un mix de pixels et de cell shading, avec des personnages tous plats et des décors taillés à la serpette. La direction artistique est très reconnaissable et particulièrement réussie, surtout au niveau des monstres, qui rappellent très bien l'univers de Lovecraft.
Du gore, du gore et du gore
Dès le premier coup de feu, le ton est donné : Forgive Me Father ne fait pas dans la dentelle. Tout explose de partout et, à l'image d'un Prodeus, les taches de sang qui parsèment votre passage permettent de facilement savoir si on est déjà passé par là ou non.
Le level design fonctionne très bien, mais reste classique : il faut trouver les clés de la bonne couleur pour pouvoir progresser. De temps à autre, il faut activer un levier. Bref, c'est du Doom-like des familles.

Là où Forgive Me Father fait des merveilles, c'est dans son rythme : c'est intense, ça bouge vite, et on se sent réellement surpuissant, même avec le ptit flingue que l'on trouve au début du jeu.
Rapidement, pas mal d'autres armes viennent s'ajouter à votre arsenal, vous incitant à varier les plaisirs.
Au gré de votre progression, vous entassez de l'expérience, débloquant des points de compétence à dépenser sur un arbre relativement étendu. Vous pouvez ainsi augmenter la puissance de vos armes, votre vie, votre armure ou ce qui vous sert de sort.

Peut-être un peu trop classique
C'est speed, ça défouraille de partout, les niveaux sont sympathiques... mais les cinq mondes composés chacun de cinq à dix niveaux font que la durée de vie de sept à huit heures tire un peu en longueur.
La faute à un jeu qui n'arrive pas à se réinventer et à assez évoluer pour ne pas créer une sorte de routine. Je chipote, mais j'ai éprouvé une certaine lassitude à partir du troisième monde... Tout en ayant toujours envie de continuer cette aventure si speed.
Forgive Me Father sur Steam Deck
Le jeu est mentionné comme parfaitement compatible. Je n'ai rien modifié dans la configuration, mais régulièrement, j'ai eu des ralentissements, m'obligeant à redémarrer la console pour lui donner un peu d'oxygène.











