Chroniqué par Nicolas Gilles
Un jeu de pêche avec de vrais morceaux de Lovecraft dedans.Cthulhu et Nyarlathotep sont sur un bateau...
Dredge est développé par le studio néozélandais Black Salt Games. C'est leur premier jeu, et pour un premier coup, c'est juste un coup de maître !
Il sort en 2023 sur PC, Xbox, PS4, PS5 et Switch. En 2025, il est adapté sur en version mobile sur Android, iPhone et iPad.

Graphiquement, le jeu est en low poly d'un très bel effet, le tout souligné de musiques discrètes, mais qui contribuent grandement à son ambiance... bizarre et atypique.
Une ambiance parfaitement lovecraftienne
Le jeu se base très librement de la nouvelle Le Cauchemar d’Innsmouth de Lovecraft. Vous vous échouez sur un lot d'îles où les personnages semblent... bizarres.
Souvent, les jeux qui s'inspirent de l'œuvre de HP Lovecraft ont du mal à trouver le bon ton. Ici, à mes yeux, c'est très bon, dans le sens où les bizarreries sont régulières, et arrivent sans prévenir. Et la nuit, on peut tomber dans l'horreur pure et dure... mais cela veut dire la mort.

La nuit est ultra stressante, car très dangereuse : vous pouvez vous faire attaquer. Le jeu propose un mode passif où les monstres ne vous attaquent pas. Cela change beaucoup le ressenti, mais permet de le parcourir en mode touriste.
Une simulation de pêche addictive
En dehors de son côté légèrement horrifique, Dredge est surtout un jeu de pêche. Quoi, un jeu de pêche ? Mais si on m'avait dit ça, je ne l'aurais jamais lancé, et je n'aurais jamais scotché pendant sept à huit heures sur ma console pour en voir le bout !
Et pourtant, c'est bien qu'il est : on passe son temps à sillonner les mers afin de ramener du poisson, afin de gagner de l'argent qui va nous permettre de l'améliorer.

On part également à la recherche de pièces détachées (planches, ferraille, etc.) prises en draguant les bateaux échoués afin d'améliorer notre bateau. Et même chose pour l'équipement de pêche, qui permet de poser vos hameçons sur différents types d'eau (bords, hauts-fonds, abysses, mangrove, etc.)
Et tout cela lié par la recherche d'artefacts bizarres, par un collectionneur tout aussi bizarre, et la rencontre de différents protagonistes tous plus cramés les uns que les autres.
Dit comme ça, je ne suis pas sûr de vous donner envie de jouer à Dredge, et pourtant j'ai particulièrement adoré. Le jeu joue la carte du temps : le jour, c'est cool, la nuit, c'est plus dangereux... mais les poissons sont plus rares et donc plus chers. Du stop ou encore dans toute sa splendeur.

C'est d'autant plus addictif que les journées sont très rapides, quelques minutes seulement. Le syndrome du "aller encore un petit et j'arrête" est donc particulièrement présent.









