Chroniqué par Nicolas Gilles
Là, on est dans le pur jeu d'auteur. Réussi et pas chiant, bien que très froid.Une direction artistique époustouflante
Gris a une sacrée aura. Un jeu indépendant graphiquement incroyable, avec une direction artistique inoubliable. Yep, Gris est tout ça, et en plus, c'est un premier jeu. Celui des espagnols de Nomada Studio.
Même avec cette aura énorme, je n'ai pas été déçu. Gris est bien ce à quoi je m'attendais : un truc arty hors normes, avec ses bons et ses mauvais côtés.

Gris sort en 2018 sur PC et Switch, en 2019 sur mobiles et PS4, et en 2022 sur Xbox et PS5.
Concrètement, c'est un jeu de plateforme. Mais le gameplay, même s'il a de bonnes idées, s'efface volontiers derrière l'ambiance... Pourtant, il reste bien présent. Bien que très contemplatif, le jeu propose un vrai level design, avec de chouettes trouvailles qui savent intégrer son propos.
Dur pur indé, cryptique à souhait
Les élites du jeu vidéo prendront ici leur pied. Gris est magnifique, superbe, mais il est également assez peu accessible, malgré une durée de jeu d'environ quatre heures qui fait qu'on le termine vite. Il demande de réfléchir à ce que l'on voit, ou au contraire de se laisser porter par les couleurs et les sons.

D'autre part, l'ambiance est glaciale. On est loin de la grosse marade. Le ton idéal pour un jeu d'auteur... mais est-ce qu'il faut nécessairement être dépressif pour toucher le joueur, le lecteur ou le spectateur ? Certainement.
Car Gris, s'il ne prononce pas un mot et n'écrit jamais rien du tout, nous balance dans la peau du personnage éponyme, une jeune femme qui a connu une perte. Son monde est alors tout gris. Peu à peu, elle va retrouver des couleurs, ces dernières correspondant aux différents états du deuil : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation. Avec une fin en apothéose, forcément.
Et c'est un peu cela qui montre les faiblesses du truc : sans explications, je n'aurais jamais compris ça tout seul. Suis-je un peu con ? Certainement, mais c'est un peu ce que je reproche à l'art moderne : que l'on doive me l'expliquer pour que je le comprenne.

Mais malgré ça, Gris m'a touché, de par son visuel, son ambiance et sa musique, composée par le duo barcelonais Berlinist, qui fout les poils. Ainsi, par le fait que malgré son ambiance clinique, il reste dans la tête un sacré bout de temps après y avoir joué.










