Chroniqué par Nicolas Gilles
Un bel écrin pour un gameplay plus que moyen.Une bande dessinée interactive
Après Mad Age & This Guy, Liberated est le deuxième jeu du studio Atomic Wolf, basé à Varsovie, en Pologne.
Vous vous souvenez de Comic Zone sur Megadrive ? Les jeux qui mixent bande dessinée et jeu vidéo ne sont pas forcément légion. Ici, il n'est pas question d'un beat'em all mais d'une d'une sorte d'erzatz de Limbo mâtinée d'action, puisque l'on dispose d'un flingue.

Ce qui marque premièrement, c'est la direction artistique. De ce côté là, le studio polonais a trouvé la recette pour marquer le joueur. Certes, le côté noir et blanc a déjà été pas mal utilisé (Mad World sur Wii ou encore White Night, sans parler de Limbo lui-même), mais ici on a tout de même quelque chose d'original qui en ressort.
En revanche, pour le scénario et le gameplay, on repassera.
Le gouvernement, eh ben c'est que des méchants !
Le scénario est à l'image de la direction artistique : sombre et négatif. Cette dystopie met en place un monde où le peuple est étroitement surveillé par le gouvernement qui surveille tous ses faits et gestes.

Forcément, émergent des groupes de résistance, comme les Liberated.
Le propos est vu et revu. Il rappelle forcément 1984, mais j'ai sans arrêt eu la mauvaise impression déjà-vu, déjà-lu.
En revanche, la narration est vraiment bien foutue, dans le fond que dans la forme. Dans le fond, on suit les aventures d'un flic, Franck Robbins, sur la piste des terroristes de Liberated. Mais on va également incarner pas mal d'autres protagonistes, et notamment les prétendus terroristes. D'un côté et de l'autre de la barrière, c'est original, et ça aurait mérité d'être un peu plus creusé.

Dans la forme, la narration se déroule sur quatre tomes d'une bande dessinée, ou plus exactement un comic. C'est bien foutu. Les phases d'action viennent s'intégrer directement dans des bulles. Et là, ça commence à s'effondrer un peu.
N'est pas Limbo qui veut
Durant les phases d'action, on file vers la droite, comme tous ces cinematic plateformer dans la lignée de Limbo ou Inside.
Ici, la particularité, c'est que l'on nous met rapidement un flingue entre les mains. Du coup, la difficulté du jeu tient souvent dans les gunfights plutôt que dans la résolution d'énigmes ou les phases de plateforme.

On vise avec le stick droit, et on tire avec la gâchette. On peut faire des headshots, mais on trouve rapidement des adversaires avec des casques qui demandent deux headshots pour en venir à bout. Classique.
Côté level design, on a quelques recherches à effectuer afin d'ouvrir des portes, en actionnant des interrupteurs, mais c'est tellement peu inspiré... On trouve également quelques puzzles pour pirater des portes, par exemple, qui fonctionnent plutôt bien.
Mais dans l'ensemble, c'est ennuyeux. Et ça devient foncièrement casse-couille lorsque l'on perd connement durant un gunfight et que l'on se retrouve sur un checkpoint un peu trop éloigné. Cela pète le rythme... et la motivation de continuer ce jeu tellement moyen.

Il faut entre trois et quatre heures pour en voir le bout, et c'est déjà un peu trop...







