White Night est le premier jeu d'un studio français basé à Lyon créé en 2013 par Domenico Albani, Ronan Coiffec et Mathieu Fremont.

Nuit blanche en noir et blanc


White Night vous plonge dans l'Amérique des années 30, rongée par la crise économique.

Vous incarnez un homme désabusé en train de noyer son chagrin dans l'alcool du bar du coin. Oui, vous avez déjà certainement en tête une vieille musique de jazz, avec sa trompette nostalgique...


Blindé de vapeurs d'alcool, vous montez dans votre voiture. Un peu plus loin, vous n'arrivez pas à éviter une femme au milieu de la route (que faisait-elle là en pleine nuit ?) et finirez dans un arbre, la voiture en rade et vous-même dans un état loin d'être rayonnant.

Vous vous dirigez vers la maison la plus proche, un grand manoir qui semble inhabité. Forcément, cela ne sera pas de tout repos.

Une excellente ambiance


L'ambiance est très assurément le point fort de White Night. Cette Amérique des années 30 est parfaitement bien rendue, et cela grâce à deux choses : une bande son qui nous plonge immédiatement dans les vieux films noirs, et une représentation graphique plutôt originale, en bichromie.


Oui, seulement deux "couleurs". Je mets des guillemets car le jeu est intégralement en noir et blanc. Juste du noir, et juste du blanc. Pas de gris ni rien d'autre. Cela rappelle Sin City et les comics de Franck Miller.

De temps à autre, un orange vient nous exploser à la figure, notamment pour mettre en surbrillance des objets.

L'ensemble est parfaitement lisible... Ou tout du moins l'est assez peu, mais c'est totalement intégré au gameplay et au level design de White Night. Notre personnage n'est pas en forme, et on ressent bien ses limites et sa fatigue, sans devenir plombant manette en mains.


Alone in the Dark


Il n'y a aucun doute que les développeurs se sont inspiré du mythique jeu de Frédéric Raynal. Et ce n'est finalement pas un hasard puisque les trois personnes à la base de Osome Studio se sont rencontrées sur le développement de Alone In The Dark The New Nightmare.

On évolue au gré de caméras fixes, en ayant sans arrêt la trouille de ce qui se passe hors champ. Car vous n'êtes pas vraiment seul dans cette vieille bâtisse...

Dans le ressenti, il y a beaucoup de choses en commun : c'est immersif, oppressant, et on a envie de suivre le scénario.


Mais White Night a également su s'affranchir de ses influences pour proposer quelque chose qui s'en différencie.

Bien entendu, la première chose qui différencie l'ensemble, c'est que vous ne progressez qu'avec une luminosité minimale. La plupart du temps, vous ne vous éclairez qu'avec vos allumettes. Heureusement, il y en a un peu partout dans la maison, mais vous ne pouvez en porter que douze. Ce n'est pas forcément un souci, la pression ne vient pas de là, vous ne serez que très rarement à court de lumière, même en prenant votre temps.

Car le jeu vous demande d'explorer, c'est avant tout un jeu d'aventure. Il y a bien quelques phases d'action où vous vous contentez de courir, mais elles sont heureusement peu nombreuses parce que pas très bien maîtrisées (courir avec des caméras fixes, je vous laisse imaginer le bordel...).


Un bon scénario


D'ailleurs, le scénario de White Night ne se distille que très peu par sa narration. La voix monocorde de votre personnage ne parle que de son ressenti... et comme il ne sait pas où il est, il ne va pas beaucoup vous aider.

Non, l'histoire, la vraie, vous la découvrez au gré des écrits qui parsèment ce vieux manoir. C'est classique, mais vraiment bien foutu. Peu à peu, on reconstitue les pièces du puzzle.

Le point faible de l'ensemble, à mes yeux, c'est la fin, que je trouve un peu affligeante de banalité. Bien entendu, je ne vous en dis pas plus ! Cela souligne le côté un peu jeune du titre, dans le sens où cette ambiance américaine old school et ses personnages désabusés a déjà été mise en scène tellement de fois que l'on peine à être surpris. C'est peut-être cela le principal point faible de White Night, le fait de ne pas nous surprendre.

L'aventure est assez courte, et vous demande entre 5 et 6 heures pour en voir le bout. C'est un temps parfait : assez pour s'immerger dans cette obscurité et découvrir le fin mot de l'histoire sans souffrir de temps morts ou de problèmes de rythme.
Bon jeu

White Night

White Night est une excellente surprise : son ambiance est excellente et on a vraiment envie de connaître le fin mot de l'histoire.

La note : 4/6 (Bon jeu)