Chroniqué par Nicolas Gilles
Il y a ceux qui adorent et ceux qui détestent. Je suis dans la seconde catégorie.L'important c'est pas la chute...
Ah qu'elle est loin l'époque bénie où Remedy enchaînait les bullet time dans un Max Payne sombre et pas prise de tête…
Peu à peu, le studio a pris ses marques, avouant peu à peu son amour transi pour un certain David Lynch. Mais pas l'hommage que l'on peut trouver dans un Deadly Premotion et ses situations foutraques. Non, le Lynch que je ne comprends pas, mais qui fout la trique à tous les amoureux d'art brut. Et d'élitisme. Désolé.

Avec leur dernier opus, Control, j'avais pas mal décroché, alors que le premier épisode d'Alan Wake, sorti quelques années plus tôt, m'avait au contraire beaucoup plus.
Et là, avec Alan Wake II, j'ai totalement décroché.
Un agent du FBI
Dans Alan Wake II, vous incarnez tour à tour deux protagonistes.

Tout d'abord Saga Anderson, une agent du FBI venue enquêter dans la campagne américaine de Bright Falls où un cadavre a été retrouvé, visiblement victime des agissements d'une secte.
Chose étonnante, elle dispose d'un antre mental, c'est-à-dire un endroit dans sa tête où elle se retrouve dans son bureau. Elle peut alors faire avancer son enquête à grands coups de photos collées au mur ou encore travailler ses profilages.
Cet écran de pause pas banal est assez sympathique, car il permet de faire avancer les choses et de nous en faire comprendre d'autres.

Clin d'œil sympathique, son coéquipier, Alex Casey, reprend les traits de Sam Lake, cofondateur de Remedy, qui avait déjà prêté sa trogne à un certain Max Payne.
Durant les phases de jeu FBI, on se retrouve dans une ambiance très réussie rappelant la série True Detective. On passe la majorité du temps à explorer et enquêter. Toutefois, régulièrement, des phases d'action se pointent. C'est l'occasion de passer dans le côté horreur d'une façon qui n'est pas sans rappeler un certain Stephen King.
Il faut alors jouer entre l'ombre et la lumière afin d'éblouir vos cibles pour pouvoir ensuite les cribler de balles.

Et un écrivain disparu depuis 13 ans
Le second protagoniste, c'est Alan Wake lui-même. Et là, le scénario se met en branle. Les deux agents du FBI que l'on a suivis jusque-là, ce sont des personnages des romans de Wake !
Lui-même ne sait plus trop où il est ni même quand il est. Et le jeu prend un malin plaisir à nous tourmenter. On croise des personnages de Control et d'autres références aux jeux du studio, mais la plupart du temps, je les ai ratées, par méconnaissance.
Beaucoup de scènes ne demandent qu'à être regardées. Ensuite, on déambule dans des décors qui changent sans arrêt, car on peut passer d'une dimension à l'autre avec notre lampe. On peut également influencer son entourage en changeant l'histoire, car Alan dispose également d'un antre mental où il peut travailler son scénario.

Côté action, c'est l'horreur, dans le mauvais sens du terme : on se fait sans arrêt emmerder par des ombres que l'on ne peut pas trop éblouir avec notre lampe faute de piles suffisantes (oui, une lampe, ça s'use).
Le résultat est incompréhensible au niveau de son level design. C'est mou du genou, cryptique au possible et ne nous donne qu'une envie : retrouver Saga et son ambiance plus réussie et compréhensible.
Paluchage
Il y a certainement tout plein de choses que je n'ai pas vues / pas comprises. Je dois être trop con. Ou peut-être que je ne lis pas assez Telerama et les Inrockuptibles.

Il n'en reste pas moins que le fait que Alan Wake 2 aille plus loin que le jeu vidéo, je m'en contre-fout, car ce que je vois, ce sont des mécaniques vieillottes, chiantes et pas fun, et un scénario inutilement complexe dans sa narration.
Mais bon, ce n'est que mon avis.










