Incarner une none avec la voix de Satan dans la tête, le tout dans un couvent du XIXème siècle russe, il fallait oser. Et en plus, c'est excellent.

Incarnez une none


Le studio Odd Meter est basé à Moscou, en Russie. Indika est leur deuxième jeu, après Sacralith: The Archer's Tale, un jeu de simulation d'archerie médiévale en VR. Enfin, ça c'était avant la sortie de Indika. Désormais, le studio s'est relocalisé en Espagne et au Kazakhstan, le régime Russe n'étant pas fan de la satire religieuse.

Indika sort en 2024 sur PC, PS5 et Xbox, édité par 11 Bits Studios.


L'action se déroule dans la Russie du XIXème siècle. Vous incarnez Indika, une none visiblement détestée par toutes ses consœurs. On vous donne alors une mission qui va vous faire sortir de votre couvent : livrer une lettre dont vous ignorez le contenu.

Sur le chemin, vous allez croiser du monde, le tout accompagné de votre voix interne, qui n'est autre que Satan lui-même. Lui-même ?

Alors forcément, vos petites habitudes vont voler en éclat, et vous allez vous retrouver dans des situations pour le moins étonnantes.


Totalement barré, mais avec un propos solide


Indika est un jeu sur la connerie humaine - et donc la religion, mais pas seulement. Il aborde également l'estime de soi, la rédemption, et pas mal d'autres sujets casse-gueule que le jeu vidéo évite généralement, pour éviter de se prendre un mur.

Et, pourtant, dans Indika, le mur n'arrive jamais. Cela grâce à une narration magistrale, mais aussi à cette ambiance si particulière, mi-figure mi-raisin, qui oscille entre le drame et l'humour... Régulièrement, on ne sait pas si on doit sourire ou s'atterrer. Un peu comme dans le film C'est Arrivé Près de Chez Vous.

L'ambiance barrée peut rappeler Hellblade, le jeu s'intéressant pareillement à la santé mentale... mais avec un ton résolument différent. Ni mieux ni moins bien, juste totalement différent, en revanche toujours déstabilisant.


Et tout ce bordel n'est pas gratuit. Il sert un propos qui est l'opposé du merdier dans la tête d'Indika.

On ne sait pas à quoi s'attendre


Ce qui est génial et tellement rafraichissant dans Indika, c'est que l'on ne sait jamais à quoi s'attendre.

Par exemple, le jeu est magnifique, mais propose des scènes en pixel art qui tranchent radicalement avec la direction artistique globale du titre. On y trouve un côté beaucoup plus "jeu vidéo", avec notamment un système de points d'expérience.


Et là, un écran de chargement nous assène un truc comme "Ne faites pas attention aux points, ils ne servent à rien". Bim.

Le jeu ne dure que quatre heures, mais il vous accompagnera bien plus longtemps après que vous l'aurez terminé.









Excellent !

Indika

Indika est excellent : sa narration, son propos, sa mise en place. Tout est réussi.

La note : 5/6 (Excellent !)