1978, Atari révolutionne le monde des jeux vidéo avec son Atari VCS 2600, qui est une des premières machines – après la Fairchild Channel F – à proposer la possibilité de changer de jeu par l’intermédiaire de cartouches.
Mais les dirigeants d’Atari, la Warner – Atari ayant été racheté en 1976 à Nolan Bushnell – voient se profiler une nouvelle voie qui pourrait se révéler très lucrative : le monde de la micro-informatique familiale. Le succès de l’Apple, créé par des anciens d’Atari ne fait qu’ajouter à cette certitude. De plus, peu de sociétés étaient présentes sur ce marché, et la firme bénéficiait d’une très solide implantation dans les foyers.

Le développement commence donc, mais Nolan Bushnell, qui possède toujours une place au conseil d’administration de son ancienne société, s’oppose farouchement au projet, arguant qu’il n’est pas viable de lancer un micro, principalement car le prix est beaucoup trop élevé.
C’est principalement ce projet qui poussera l’ancien hyppie à quitter l’entreprise qu’il avait crée pour se lancer dans la création d’une chaîne de distribution de pizzas à emporter.
En décembre 1978 sont annoncés les Atari 400 et 800, mais, pour des problèmes de production, les machines ne seront réellement introduites sur le marché que vers la fin de l’année 1979.
A noter que c’est Jay Miner qui se chargera de l’élaboration de la machine, qui portera le nom de code Candy. Il se fera connaître un peu plus tard en créant une machine qui va révolutionner son époque : l’Amiga, qui sera commercialisée par Commodore.

L’Atari 400 est une version light de l’Atari 800, il dispose d’un classique MOS 6502A et de 16 Ko de mémoire vive. Cette mémoire vive pouvait être augmentée, mais la présence d’un seul port d’extension donnait du mal à étendre la machine à plus de 32 Ko, les barrettes de 16 Ko étant de très loin les plus répandues. Néanmoins, des éditeurs tiers ont trouvé le truc en proposant des cartes qui permettaient de brancher plusieurs barrettes.
Le clavier est à membrane, ce qui rend la frappe très peu agréable, mais ceci servait principalement, selon les commerciaux de chez Atari, à éviter à la machine de s’abîmer trop vite. En effet, lors d’un usage familial, les enfants peuvent laisser tomber du liquide sur la machine. Avec une membrane, c’est moins confortable mais plus efficace face à ce genre de choses. Une notion assez discutable… puisque l’on pourrait plus simplement penser que c’est une question de coûté qui a poussé à utiliser une telle technologie.
Mais ce qui fit que cette gamme ne passa pas inaperçue sont ses possibilités graphiques : le processeur vidéo CTIA permettait d’afficher jusqu’à 128 couleurs simultanément, et jusqu’à 256 couleurs pour les versons les plus récentes de la machine, le processeur vidéo ayant été amélioré au fur et à mesure de la sortie des séries d’Atari 400. Pour l’occasion, il changera de nom et passera de CTIA à GTIA. Et c’est bien là la puissance de la machine : le chip fait maison, le ANTIC, fonctionne comme un co-processeur qui permet de laisser de la puissance au processeur central. Du coup, la bête passe pour une machine puissante, permettant d’afficher quatre Player-Missiles simultanément à l’écran (Commodore les nommait Sprites, ce qui sera repris par la suite. En France ont les appelait des Lutins).
Au niveau du son, un autre chip maison nommé POKEY pouvait, du haut de ses quatre voies, donner une des meilleurs sons jamais entendus sur un micro-ordinateur familial. Le fait de proposer des puces fabriquées uniquement pour l’occasion en fait une première dans le monde de la micro familiale. Encore un point pour parler de cette machine !
Au niveau des extensions, on trouve une sortie RGB vidéo, un port cartouche, un bus d’extension, un port série made in Atari, quatre ports Joystick (oui oui, quatre ! Et utilisant le format de la VCS 2600) et une prise pour brancher un lecteur de cassettes.

Au niveau du logiciel, l’Atari 400 est l’un des premiers micros à fonctionner avec un Basic made in Microsoft. Et on le sent bien, il propose une syntaxe et des possibilités qui ne sont pas encore vraiment dans la norme Basic. Il n’est pas disponible en ROM directement dans la machine, il faut le mettre en cartouche. Cela étant très certainement prévu afin de permettre de le mettre à jour plus facilement, ce qui n’aura jamais été fait.

L’Atari 400, avec son grand frère plus musclé le 800, fait figure d’incontournable dans l’histoire de la micro-informatique, et de nombreux collectionneurs se les arrachent. Une machine aussi intéressante que recherchée.

Atari 400 côté technique

Microprocesseur : MOS 6502A à 1,79 Mhz
Mémoire vive : 16 Ko (8 Ko pour les premières versions)
Mémoire morte : 10 Ko
Vidéo : Mode texte : 40 x 25
Mode graphique : Maximum 320 x 192.
16 couleurs affichables simultanément, jusqu’à 128 dans la résolution la plus basse.
Son : 4 voie sur 3.5 octaves
Prix d'origine : 599.99 dollars