Du shmup, du roguelite, le tout inspiré de Salamander et même d'Outrun. De quoi titiller notre curiosité.

Un shmup roguelite


Le shoot'em up et le roguelite sont deux genres qui paraissent incompatibles, mais qui peuvent cohabiter pour la bonne cause. Un shoot, c'est généralement très court, mais difficile, ce qui revient à le recommencer sans cesse, d'un côté pour pouvoir progresser et atteindre le sacrosaint 1CC (one credit, finir le jeu avec un seul crédit), de l'autre pour battre son score. Dans les deux cas, on recommence un sacré paquet de fois.

Dans le roguelite aussi on recommence des tonnes de fois, pour grapiller des miettes d'amélioration, ce qui nous permettra d'avancer un peu plus loin dans l'aventure. On a par exemple eu Steredenn Binary Stars, mais ce dernier est sorti en 2018, CounterAttack est donc plus ancien.


CounterAttack: Uprising a été greenlighté par Steam en 2016, lançant une période d'accès anticipé longue de plusieurs années, puisque le jeu sort en 2019 sur PC. En 2022, il est adapté sur Xbox et Switch.

Un contenu pléthorique pour un shoot mou du genou


En jouant à CounterAttack: Uprising, on réalise deux choses. La première, c'est que la version bêta a duré longtemps, mais que cela se ressent dans les contenus, il y a des tonnes de choses !

On peut déjà choisir son vaisseau parmi huit pilotes, aux capacités très complémentaires. Mais c'est au niveau des customisations que le jeu fait très fort, avec près de 600 options que l'on peut équiper sur notre vaisseau. Bien entendu, il faudra préalablement les débloquer. Et pour les débloquer, il faut tout simplement jouer, jouer, jouer.


La deuxième chose marquante avec CounterAttack: Uprising, c'est son budget famélique. La présentation est moyenne, la traduction française est à chier, pas forcément mauvaise, mais basique et pleine de bugs. Graphiquement, c'est passe-partout, sans être foncièrement moche. Et surtout, on sent que la maîtrise du shmup n'est pas au niveau de celle du roguelite.

Deux poids, deux mesures


Du coup, il y a deux façons de voir et d'apprécier - ou pas - CounterAttack: Uprising.

La première, c'est le côté roguelite. Avec sa tétrachiée d'options, on se prend à customiser son vaisseau, à tester des trucs, puis à se lancer dans les niveaux, en espérant débloquer d'autres options à tester. Cela fonctionne parfaitement bien.


La deuxième fonctionne beaucoup moins bien, c'est le côté shmup. L'inspiration est claire : Salamander / Gradius. En témoigne le système d'évolution de l'armement : on récupère des items verts qui font monter notre barre d'upgrade. Plus on récupère d'items, plus la barre nous donne une upgrade qualitative (puissance de feu, missiles, largeur du tir, plasma, etc.). C'est connu, et on sait que cela fonctionne bien car cela donne une tension supplémentaire une fois en jeu (il faut surveiller sa barre d'upgrade en plus de surveiller les adversaires et leurs tirs).

À noter qu'une option permet d'automatiser les évolutions via cette barre. C'est peut-être une hérésie pour les puristes, mais il faut avouer que ça fonctionne très bien.

Ce qui fonctionne beaucoup moins bien, c'est le rythme du jeu. C'est mou du genou, ça manque de patate. Il y a 32 niveaux, qui se présentent sous forme de toile, comme dans Outrun. Le système reprend également la difficulté des niveaux : plus vous allez sur le haut de la carte, plus la difficulté augmente. Il n'est donc pas nécessaire de terminer l'ensemble des niveaux pour terminer le jeu.


Mais plutôt que plusieurs dizaines de niveaux, j'en aurais préféré moins de dix avec un vrai level design et une vraie tension.









Sympathique

CounterAttack: Uprising

CounterAttack: Uprising est à double tranchant. Côté shmup, c'est un peu trop morne pour marquer le joueur. Mais le côté roguelite et son contenu pléthorique va plaire à ceux qui ne cherchent pas un shmup.

La note : 3/6 (Sympathique)