Chroniqué par Nicolas Gilles
A peine sorti, déjà culte.Dream team
Le monde du retro gaming est généralement un univers assez clos. Les amateurs restent entre eux et le grand public n'en entend pratiquement jamais parler... Sauf quand sortent des putains de pépites comme Eathion.
Tout commence en 2022, quand Yuzo Koshiro annonce travailler sur un nouveau titre... sur Megadrive. Quand on sait que son studio, Ancient, est derrière quelques perles de la 16 bits de Sega comme Streets of Rage 2 ou encore La Légende de Thor, on comprend que la sphère rétro a pataugé dans une sacrée flaque de pisse matérialisant sa joie indicible.

Yuzo Koshiro est avant tout un compositeur, mais cette fois, en plus des musiques sur Earthion, il endosse le rôle de réalisateur et producteur. Aux commandes du développement, on a Makoto Wada (Karu_gamo), qui développe sur le matériel d'origine, la Megadrive.
Une sorte est bien entendu annoncée en physique, mais elle prend du retard. En revanche, le jeu sort sur les plateformes modernes en 2025, sur PC, PS4, PS5, Xbox et Switch, édité par Limited Run Games. Le jeu émulant une Rom Megadrive régulièrement mise à jour.
Pour ces versions sur du matos moderne, c'est Bitwave Games qui se charge des adaptations, Ancient pouvant se focaliser sur la partie Megadrive.

La quintessence du shoot sur Megadrive
Les ressources de la Terre s'étant taries, l'humanité a migré sur Mars. Une infime partie des hommes est restée sur Terre afin de continuer à chercher une solution. Et c'est là qu'ils sont arrivés, de derrière la face cachée de la Lune. Les aliens.
Vous incarnez Azusa Takanashi, une jeune femme qui a tout perdu durant l'attaque initiale. Elle va bénéficier d'un programme tout neuf, basé sur la technologie alien, bien plus avancée : le vaisseau YK-IIA. Le nom du projet ? Earthion.
Bon, c'est classique, mais on a l'avantage d'avoir une séquence d'introduction qui pose bien ce qu'est Earthion : un jeu Megadrive qui en met plein la gueule.

L'idée des développeurs était de pousser à fond la console afin de voir ce qu'elle peut cracher après toutes ces années. Et force est de constater qu'elle crache carrément du beau.
Et surtout, Earthion n'est pas qu'une démo technique, bien loin de là. Le jeu sait balancer des effets superbes, mais ne sacrifie jamais la lisibilité de l'action.
Concrètement, il se traduit par un shoot'em up horizontal dans la lignée de ce qui se faisait à l'époque. On pense donc forcément à Thunderforce IV, mais la comparaison s'arrête là.

Certes, on se déplace et on tire pour flinguer tout ce que l'on croise, mais le gameplay est bien plus fin que cela.
On dispose de deux jauges en haut à gauche de l'écran. Les adversaires vaincus laissent tomber des gemmes vertes, qui permettent de monter la jauge de puissance de feu. Lorsque l'on se fait toucher, cette jauge baisse, et on perd donc en puissance.
Lorsque l'on se fait toucher, la jauge de bouclier baisse. Lorsqu'elle est vide, c'est une vie en moins, avec instant respawn.

On trouve également des armes secondaires, que l'on peut équiper dans les slots en haut à droite de l'écran. Si vous avez plusieurs armes secondaires, vous pouvez passer de l'une à l'autre en appuyant sur un bouton.
Les niveaux sont tous très différents, certains étant particulièrement impressionnants. L'aventure propose huit stages, ce qui laisse entrevoir une bonne durée de vie.
Earthion propose quatre modes de difficulté, permettant de le mettre entre toutes les mains. Avec trois continues, jouer n'est pas synonyme de terminer le jeu. Toutefois, à la fin de la partie, le jeu nous affiche un mot de passe.
Ici, il n'est pas question de sauvegarder sa progression, mais de proposer une sorte de New Game+ dans lequel on repart avec nos améliorations acquises. Une façon très maline de donner envie de continuer à jouer.
Tout est fait pour en profiter
Sur consoles modernes, le jeu est émulé. Et de fort belle façon. Le filtre cathodique est un modèle du genre. Par défaut, je le trouve très réussi, si bien que je n'ai pas retouché la configuration graphique initiale. Mais de nombreuses options permettent de le mettre à notre sauce, c'est un modèle du genre.
Le jeu étant développé en 4/3 comme à l'époque, on a des bandes sur le côté que l'on peut également customiser.
Remettons toutefois les choses dans leur contexte. Si un papa ou une maman achète le jeu sur Switch pour le refiler à sa progéniture fan de Pat Patrouille, il y a de fortes chances que le jeu finisse rapidement sur Le Bon Coin. On est sur une console des années 90. Sorti de son contexte, Earthion fait tout de même très rétro.
Un avantage pour nous... mais peut être pas pour tout le monde.






