Forspoken, c'est l'histoire d'un naufrage. Et même en le sachant, le capital sympathie reste aux abonnés absents.


Forspoken sort au début de l'année 2023, le 24 janvier plus exactement. Une période un peu plus calme qui permet au jeu de bénéficier d'un peu plus de visibilité après plusieurs reports.

Rappelons-nous qu'il avait été présenté au public en 2020 sous le nom de Project Athia.

Wesh mon lou j'suis la bad girl.
Wesh mon lou j'suis la bad girl.

Alice aux Pays des merdes vieilles


Vous incarnez Frey, une jeune femme vivant à New York et ayant de nombreux démêlés avec la justice. La forte tête tombe alors sur un drôle de bracelet... et se retrouve à Athia, un monde radicalement différent, qui rappelle nos grands noms de la Fantasy.

Il est donc ici question de grands châteaux et de remparts longs comme un RPG japonais de la grande époque. Et de ruines, car le pays en question a un sérieux coup dans l'aile.

Frey passe son temps en joutes verbales avec Krav, ce bracelet qui lui donne des pouvoirs magiques. Elle peut donc combattre grâce à la magie, mais elle peut également faire du parkour. Comprenez par là qu'elle peut foncer à pleine vitesse, sauter de très haut, et monter relativement facilement des falaises et autres fortifications.


Le rendu est très différent d'un Assassin's Creed. C'est encore moins précis, mais cela reste marrant à utiliser. Et on remercie clairement les développeurs d'avoir pu nous faire courir si vite... car des objectifs s'affichant comme étant à 2 kilomètres, ça pète un peu le rythme et la motivation.

Eloge du vide


Dès le début de Forspoken, j'ai ressenti un sentiment énorme de vide. C'est rigide au possible, et il n'y a pas grand-chose à faire dans les énormes praires et enceintes fortifiées que l'on doit traverser.

Certes, il y a quelques grappes d'adversaires qui viennent vous titiller très régulièrement, mais rien de plus. Pas de vie, juste des trucs à buter et quelques bonus à récolter.


De plus, le moteur n'est pas si balaise que cela : c'est relativement beau, mais finalement assez limité, tant au niveau graphique que du gameplay.

Un scénario pour ados


Frey est une casse-couille. Le genre d'héroine grande gueule qu'apprécient les romans pour jeunes adultes.

Je suis assez souvent sorti du scénario tant c'était grossier. Et même certaines scènes qui doivent nous émouvoir - y compris une scène important au début du jeu - m'ont parues tellement gratuites et maladroites que cela ne m'a pas le moins du monde mouillé les yeux.


En jouant à Forspoken, je me suis senti vieux, en décalage avec ce scénario clairement orienté pour les ados. Pourtant, c'est un genre que j'apprécie beaucoup, en tant que vieux con avec un gamin dans un coin de sa tête...

Il m'a fallu une quinzaine d'heures pour terminer le jeu. J'ai évité toutes les quêtes annexes, totalement insipides... Le scénario est finalement plutôt pas mal, bien que parfaitement dans la mouvance Fantasy pour ado : on devient de plus en plus puissante, on acquiert de nouveaux pouvoirs, il y a un gros twist... et puis on oublie, tant l'ensemble manque d'épaisseur, et d'âme.

Un naufrage


Dès la sortie du jeu, c'est la catastrophe, les avis sont très négatifs, tant dans la presse que de la part des joueurs. Square Enix prend alors des décisions drastiques : Luminous Productions, le studio interne aux commandes de Forspoken, est purement et simplement dissout. Ses membres sont réinjectés ailleurs chez Square Enix. Dur.


Car Luminous Production était un studio créé spécifiquement pour développer Final Fantasy XV et son moteur, justement baptisé Luminous Engine. Bref, ça n'aura pas duré longtemps.






Genre il n'y aurait pas une fleuriste qui habite là ?!?
Genre il n'y aurait pas une fleuriste qui habite là ?!?

Sympathique

Forspoken

Forspoken n'est pas mauvais, il est juste tellement creux qu'il en devient transparent, impersonnel.

La note : 3/6 (Sympathique)