29 avril 2008. Après une attente interminable pour les uns et une indifférence totale pour les autres, GTA IV devient enfin une réalité et déboule sur terre. Que vous soyez fan ou réfractaire, voyons ce que ce nouveau million seller en perspective a dans les tripes. Attention test long !

Vous incarnez Niko Bellic, individu originaire des Balkans, fraîchement débarqué à Liberty City (véritable réplique de New York City), sous les recommandations de votre cousin Roman qui voit en l'Amérique un nouvel Eldorado et une terre pleine d'opportunités. Seulement pour le rêve américain, on repassera. Où sont les voitures de sport, les plages, les filles aux corps de rêves et aux seins siliconés ? Niko ne découvre en arrivant en ville qu'un appartement sordide et une minable compagnie de taxis dirigée par un cousin criblé de dettes envers tous les malfrats de la ville. Il va donc devoir redresser la barre pour sortir lui et son cousin de la merde, et se tisser de nouvelles relations qui l'aideront à se faire une place dans l'immensité de cette mégalopole américaine.

Avec GTA IV, on abandonne l'ambiance gangsta rap de San Andreas et l'influence Scarface de Vice City pour retourner baigner dans un trip se rapprochant plus de GTA III, à savoir une ambiance film noir très inspirée des métrages de Martin Scorsese comme les Affranchis, les Infiltrés ou encore des films de Guy Ritchie tel que Snatch. Avant de passer en revue les innombrables innovations de cet opus, parlons de ce qui a disparu. Exit l'aspect "RPG" de San Andreas, ici on ne pourra customiser que les fringues de l'ami Niko, il n'est donc plus question ici de se préoccuper de sa musculature, de sa coiffure ou de ses aptitudes. Pour ceux qui se posent la question, la map de Liberty City est moins grande que celle de la gargantuesque San Andreas, mais sa densité a nettement augmenté et les choses à faire en dehors des missions ont donc décuplé.

GTA IV : la grosse claque !
GTA IV : la grosse claque !

Parlons à présent des innovations. GTA IV, mis à part son côté un peu cartoon inhérent à la série, adopte un parti-pris nettement plus réaliste que les précédents. La conduite, les gunfights... tout est différent et tout sera à re-maîtriser, même pour les habitués du genre. Et il faut bien admettre que le jeu gagne énormément en intensité, les fusillades semblent tout droit sortir de films comme Heat ! Les fusillades, parlons-en justement. Vous détestiez l'horrible système de lock des anciens GTA ? Pas grave, tout a été repris et le système se rapproche d'un Gears of War ou d'un Uncharted, à savoir qu'on peut avancer en tirant, se mettre à couvert et passer d'un obstacle à l'autre comme dans ces jeux. Rockstar a jeté un oeil à la concurrence et ça fait du bien !

Tout ce côté réaliste génère une façon de jouer complètement différente des autres GTA si le joueur veut bien entrer dans le délire. Dans les précédents, on fonçait à toute berzingue en tirant sur tout ce qui bouge. Dans GTA IV, on fait profil bas, on regarde bien à gauche et à droite avant de traverser, on paye le péage, on fait gaffe si un flic ne traîne pas dans le coin au moment où on veut chourer une voiture et caetera... Le système d'indice de recherche a également évolué, quand un flic vous prend en flagrant délit de vol ou de meurtre, un cercle rouge clignotant apparaît sur votre GPS. Le but est de fuir du cercle rouge, qui grandit au fur et à mesure de vos frasques.

Mais la plus grosse innovation du soft, c'est le téléphone portable, véritable clé du nouveau gameplay du jeu. Besoin d'un taxi ? D'une arme lourde ? De voir un pote pour prendre une cuite ou faire une virée dans un strip-bar ? C'est avec le portable que ça se passe. Vous resterez en contact permanent avec vos amis, vos employeurs et vos petites amies (!). Oui, comme je le disais plus tôt, il y a beaucoup plus de choses à faire en dehors des missions dans ce nouveau GTA. Les relations tiennent une place importante dans l'histoire, et vous serez fréquemment amené à faire des sorties avec vos nouveaux amis comme aller manger, faire une partie de billard, de bowling ou de fléchettes, se pochetronner (effet garanti !) ou encore faire un tour en hélico. A noter la possibilité de surfer sur le net pour faire de nouvelles rencontres sur un site simili-Meetic ou de lire des choses toujours plus absurdes les unes que les autres (qui restent malheureusement la plupart du temps en anglais.) Les personnages sont comme dans tout GTA : hauts en couleurs. On rit souvent devant l'imbécilité d'un Brucie, le côté rasta cool de Jacob ou sur ce bon vieux Roman, toujours enclin à s'attirer des emmerdes.

Parlons de la réalisation, qui fût longtemps le point faible des GTA. Et bien on peut le dire, c'est de l'histoire ancienne ! OK, il subsiste encore quelques bugs ou des chutes de frame-rate, mais le titre de Rockstar s'en sort avec les honneurs. Le moteur physique Euphoria fait des merveilles et si on atteint pas la beauté d'un Assassin's Creed, on s'émerveille devant l'immensité et la densité de la ville, les magnifiques explosions, déformations de véhicules, expressions faciales... Oui, c'est quand même vachement bien foutu et on se demande comment ils ont fait pour tout caler sur un DVD dans la version 360 !

Derniers points sur le mode multijoueurs et la bande son. Le mode multi est sur le point de devenir tout simplement culte. Ça se fight dans la joie et la bonne humeur entre bastons de gangs, flics contre voyous, courses... Vraiment un très bon point. Et la bande-son, mes aïeux ! Elle était déjà génialissime dans les précédents mais les p'tits gars se sont surpassés pour celle-ci. Imaginez un peu, Black Sabbath, Iggy Pop, Sick of it All, Miles Davis, Smashing Pumpkins, Queen, Bob Marley, Coltrane dans la même B.O ! Les bourrins se déchaineront sur la radio Liberty City Hardcore, les rockeux sur Liberty Rock (avec Iggy Pop en DJ !), tandis que les plus peace se délecteront des radios Jazz et Reggae. Faire un carnage sur "I wanna be your dog" des Stooges ou "Heaven and Hell" de Black Sabbath est un vrai bonheur.
Excellent !

GTA IV

Au final, GTA IV tient toutes ces promesses et ne sombre pas dans la facilité avec ses nombreuses innovations. Il risque même de plaire à ceux qui n'aiment pas la série. Un grand merci à Rockstar North pour un 5/6 de toute beauté.

La note : 5/6 (Excellent !)