Il y a des jeux comme ça qui font rêver. Ils ont une aura de fou, genre c'est une perle connue uniquement d'une élite.

Collection vs Gaming


Iron Commando fait partie des jeux entrés dans la légende... tout du moins chez les collectionneurs. De ceux qui vont plus souvent sur Ebay qu'à allumer leur Super Nintendo. Chacun son truc.

Au gré des années, Iron Commando a acquis une réputation de super jeu. Un Graal pour les collectionneurs, la côte du jeu étant assez élevée : il faut compter plusieurs centaines d'euros pour mettre la main sur un original de la cartouche.


Cela vient de plusieurs choses. Le jeu a été développé une équipe française basée à Londres, Arcade Zone, à qui on doit un autre beat'em all assez moyen, Legend, également sorti sur Super Nintendo. Leur troisième jeu n'est jamais sorti à l'époque, mais a été repris et ressorti bien des années plus tard : Nightmare Busters.

A priori, le jeu ne serait pas sorti en dehors du Japon car le distributeur, Sony, aurait bloqué la sortie du jeu sur la console de Nintendo. Rappelons-nous que nous sommes en 1995, en plein boom de la Playstation.

Et de toute façon tout le monde ne jure alors que par la 3D, alors un bon vieux jeu old school comme Iron Commando n'aurait certainement pas vraiment fait recette, surtout sur une Super Nintendo totalement en fin de vie.


Beat'em all classique


Le scénario est totalement nanardesque : une météorite va se crasher sur la Terre. Une organisation terroriste nommée G.H.O.S.T décide de s'en emparer afin d'utiliser l'incroyable énergie qu'elle recèle pour faire des trucs pas gentils : donner vie à des guerriers génétiquement modifiés. Et tout ça pour dominer le monde. Punaise, ces méchants...

Vous menez donc l'escouade Iron Commando et allez péter la gueule de tous ces cons histoire de pouvoir utiliser l'énergie de cette météorite de façon plus sympathique. Genre faire pousser des petites fleurs ?

Passons donc sur ce scénario bien pourri. On est dans un beat'em all, on s'en fout royalement.


Graphiquement, c'est léché. On est sur de l'influence Capcom, façon Final Fight, c'est dire. Les sprites sont gros et tout bouge bien.

Vous avez le choix entre deux personnages, bien stéréotypés. La maniabilité est classique : un bouton pour frapper, un bouton pour sauter. Un appui sur deux boutons lance une super attaque. Chose très appréciable, un dernier bouton sert exclusivement à ramasser des objets, là où dans la plupart des jeux du genre c'est le bouton d'attaque qui est utilisé. Cela évite pas mal de cafouillages.

Des trucs pétés un peu partout


Si le jeu fait illusion durant les premières minutes, le soufflet retombe assez vite.


La première chose qui pique salement, c'est la difficulté dantesque du jeu. Et comme toujours, cette difficulté met en exergue les défauts du game design.

Iron Commando est ultra frustrant : on a constamment l'impression que notre personnage n'a aucune force. Il faut frapper un sacré paquet de fois les adversaires les plus faibles pour en venir à bout. Alors imaginez les boss...

Et ce ne sont pas les différents items qui vont nous aider. Comme dans Cadillacs and Dinosaurs, on peut même utiliser des armes à feu. Là, c'est juste navrant : on ne fait pas plus de dégâts ! Sans parler que les armes ont DEUX PUTAINS de munitions, pas plus ! Pire encore, pour certains comme le fusil à pompe, il faut l'armer avant, ce qui fait que l'on se fait taper avant de pouvoir tirer.

Même chose pour l'attaque spéciale, aussi peu précise que peu puissante. Bordel, mais un bon beat'em all doit nous donner un sentiment de puissance, pas l'impression d'être un adolescent boutonneux au milieu d'un match de rugby !

On passe son temps à se faire prendre en sandwich par les adversaires, car en plus votre personnage se déplace très lentement.

La frustration monte. On utilise ses trois continus sans même pouvoir terminer le premier niveau. En persévérant, on découvre les niveaux suivants, avec des bons côtés, comme le fait de découvrir des univers variés... Le souci, c'est qu'il y a de nouveaux types d'ennemis, comme les serpents. Des trucs tellement petits que l'on peine à les toucher. Mais eux, ils s'en donnent à cœur joie.

On hurle, on retourne tout. On éteint la console, et on repose le jeu sur l'étagère. Calmement, parce que ça vaut cher, bordel.

Alors ok, Iron Commando est rare, mais punaise, on est loin de la perle que beaucoup avancent, du haut des quelques centaines d'euros qu'ils ont dépensés pour acquérir cette "pièce de collection".
Sympathique

Iron Commando

La réputation d'Iron Commando est franchement usurpée. Le jeu est certes très rare, c'est loin d'être une bouse, mais il est également bien loin des ténors de Capcom dont il s'inspire.

La note : 3/6 (Sympathique)