L'Aquarius est une machine mythique ; cet ordinateur était positionné dans la classe des micros pour apprendre à programmer. Son prix relativement faible (1 200 F) le mettait à la portée de presque tout le monde. Par contre, à l'utilisation, la machine était vraiment très limitée car ne disposant que trop peu de mémoire vive disponible pour l'utilisateur. De même, les faibles capacités graphiques n'ont pas permit à la machine de connaître le succès que les gens de chez Mattel espéraient.
En effet, les 4 Ko de mémoire vive étaient séparés en 2 Ko de mémoire vidéo, 1 Ko pour la matrice de caractères et finalement seulement 1.781 Ko pour l'utilisateur. De même, au niveau des caractéristiques graphiques, c'est très proche de ce que l'on pourrait voir sur Minitel... Idem pour le son qui se contente en tout et pour tout d'un unique buzzer.

Un autre grand problème était la date de sortie de la machine, en 1983... Juste avant le crash. Apeuré par les chiffres d'affaire qui dégrigolaient dangeureusement, Mattel décida de stopper toute activité dans le secteur de l'informatique et du jeu vidéo... Exit donc l'Intellivision et l'Aquarius, qui n'est finalement sorti que huit mois dans l'hexagone. Entre temps était sorti l'Aquarius II, sencé pallier aux problèmes techniques trop faibles de la première machine, et qui eut encore moins de succès.
Il faut savoir que l'Aquarius était vendu par Mattel, mais que c'était Radofin qui la produisait. Ce dernier à décidé de continuer après le crash, mais sans grand succès. Il avait d'ailleurs trois modèles de micro-ordinateur, Mattel en choisi deux, qu'il comptait sortir sous le nom d'Aquarius et d'Aquarius 2. Radofin essaiera de sortir les deux autres modèles après que Mattel lui ait revendu ses parts. L'Aquarius II sortira en 1984 mais connaîtra un succès des plus mitigés. On parlera ensuite d'un Aquarius III et même d'un IV, soi-disant prévu pour être compatible avec la norme MSX, très en vogue à l'époque (Micorsoft commençait déjà a essayer de dominer le monde !), mais rien n'a filtré depuis.
Mattel comptait aussi sortir une version de l'Aquarius dotée de fonctions graphiques plus avancées, nommée Aquarius 1.5, mais comme pour les autres projets, il n'en sera rien.

Au niveau des périphériques, on trouve pas mal d'annoces, mais finalement peu d'extensions réellement sorties. On trouve des extensions mémoire de 4 Ko, 16 Ko et enfin 32 Ko, qui se révèlaient indispensables vu la très faible quantité de RAM disponible pour l'utilisateur. Une imprimante thermique 40 colonnes était disponible, mais seulement ce modèle était utilisable sur l'Aquarius, mode propriétaire oblige. C'est assez marrant de voir que l'impression est à l'image du clavier de la machine : bleue ! Pour ceux qui voudraient encore utiliser cette chose, sachez que vous pouvez utiliser du papier fax découpé pour remplacer le papier de l'époque. Un mini-traceur de 80 colonnes est sorti un peu plus tard, mais en très peu d'exemplaires. Un modem permettait d'accèder aux services télématiques de l'époque à la vitesse de 300 Bauds.
On trouvait aussi, et surtout, un Mini Expander, sensé pallier à quelques problèmes de la machine. Au menu, deux manettes seize directions de type Intellivision, deux ports cartouches, permettant d'insérer un jeu et une extension mémoire simultanément. De même, les possibilités sonores sont boostées grâce à l'ajout de la même puce audio que celle de l'Intellivision, l'AY-3-8914, permettant une utilisation de trois voix.
On trouvait enfin un Data Recorder qui permettait de stocker ses données sur cassette, mais à l'usage, cette solution s'avèrait très peu fiable. En effet, c'était à l'utilisateur de contrôler manuellement les boutons lecture et enregistrement, l'ordinateur ne prenant pas en charge ce type de service !

A noter que déjà à l'époque, la machine était anti-piratage, eh oui, les cartouches étaient cryptées afin que personne ne puisse en lire le contenu autre que la machine elle-même. Mais cette protection est assez simple à contourner, et il suffi de faire un ou exlusif (XOR) de chaque octet de la ROM avec une valeur donnée, mais cette valeur étant elle-même cryptée dans la cartouche, on ne sais pas comment la trouver.
Pour éviter d'avoir à connaître cette valeur, on peut utiliser un XOR à la ROM avec toutes les valeurs comprises entre 0 et 255 ; la valeur permettant de trouver quelques part la chaîne "COPYRIGHT MATTEL" sera celle qui permettra de décrypter l'ensemble du contenu de la cartouche. (Source : les Puces Informatiques, Février 2001).

Une machine qui eut une durée de vie extrèmenet courte mais qui fait figure de mythe pour les collectionneurs, allez savoir pouquoi ;o)

Mattel Aquarius côté technique

Microprocesseur : Z80A à 4 Mhz
Mémoire vive : 4 Ko
Mémoire morte : 8 Ko
Vidéo : 80x72 en 16 couleurs (résolution en semi-graphismes)
Son : 1 voie
Prix d'origine : Environ 1 200 F