Chroniqué par Nicolas Gilles
Plus de dix ans après, le troisième épisode. Vous aimez les Chevaliers du Zodiaque ?Retour chez les débiles
No More Heroes est une série à part. Initiée sur Wii en 2007, le deuxième épisode était sorti en 2010. En 2019, on a Travis Strike Again, un spin off toujours aussi déjanté.
Car la série initiée par Goichi Suda, alias Suda 51, et son studio Grasshopper, permet à l'auteur de laisser son univers totalement barré se disperser un peu partout. On avait eu Killer7 sur GameCube, et No More Heroes reprend à la fois ce rendu graphique si particulier et surtout cette ambiance complètement débile.

No More Heroes III sort en 2021 sur Switch, puis l'année suivante sur la plupart des supports : PC, PS4, PS5 et Xbox.
Travis frappe encore
Quand on a fait les précédents épisodes, on n'est pas déstabilisé. Enfin, si, on l'est forcément, mais on s'y attend. Et finalement, le jeu n'est pas tant barré que cela dans son déroulement.
On peut voir ça comme un reproche, mais pour moi cela permet de suivre le jeu sans être sans arrêt largué devant tant de trucs loufoques. Mais que les fans se rassurent : ça se jette partout et ça fait des références dans tous les sens.

On retrouve donc Travis, toujours égal à lui-même : un tueur totalement misanthrope, mais geek et otaku jusqu'au bout des ongles. C'est l'occasion de scènes décalées comme tous ces interludes à la gloire de Takashi Miike, un réalisateur japonais dont les films sont aussi barrés que les jeux de Suda 51 (Audition, mais surtout Ichi The Killer que je vous recommande vivement !).
Pour le reste, No More Heroes III lorgne un peu du côté des Chevaliers du Zodiaque, dans le mauvais sens du terme. Pour contrer un alien venu bousiller tout le monde, Travis doit devenir le tueur le plus fort de l'univers. Et il y a dix places. Donc dix combats. Un peu comme ce putain d'escalier que ces couillons en armure doivent se tapper pendant des dizaines d'épisodes.
D'ailleurs, le jeu s'en amuse en se découpant sous forme d'épisodes avec des génériques très rétro qui nous ramènent dans les années 80 avec les sitcoms de la Toho.

Assez redondant
Le déroulement est donc très redondant : faire des petits combats pour récupérer assez de thunes et d'autorisations pour pouvoir prétendre à combattre votre N+1 sur l'échelle des grands méchants interstellaires. Puis faire bouffer ses dents au méchant interstellaire susnommé.
Alors forcément, avec Grasshopper, il va y avoir des twists, mais finalement pas tant que cela : il va bien falloir monter cette putain d'échelle des vilains pour arriver jusqu'au méchant pour torcher l'aventure qui se boucle en une dizaine d'heures.
C'est l'occasion de se fritter avec des boss hauts en couleurs : certains sont très réussis, et donnent lieu à des gameplay assez divers dont je préfère vous laisser le plaisir de la découverte. Grosso modo, c'est toujours la même chose : du beat'em all bien nerveux et jouissif, mais il ya pas mal de pas de côté qui viennent faire un appel d'air bienvenu.

Après, l'ambiance est toujours là. Le jeu jongle avec les styles graphiques jusqu'à nous foutre la gerbe : le style classique de No More Heroes, mais également du rétro, du pixel art, du psychédélique et j'en passe...
No More Heroes III sur Steam Deck
Une fois de plus, je ne comprends pas Valve : le jeu est mentionné comme non compatible alors que je l'ai terminé sans aucun problème. Le jeu tourne parfaitement avec les options par défaut, c'est joli et très fluide. Donc foncez !











