Une chronique à lire avec une voix grave, blasée, un verre de whisky à la main, et une trompette triste qui tourne sur le 78 tours derrière vous.

Entre cyberpunk et L.A. Noir


Nobody Wants to Die est, une fois de plus, un premier jeu. On le doit au studio Critical Hit Games. Oui, pour la taille des chevilles, on repassera. Le jeu sort en 2024 sur PC et PS5.

Vous incarnez James Karra, un flic sur le retour. Il est également le narrateur dans cette aventure en vue subjective. Un narrateur digne des films noirs des années 1940 / 50 : voix éraillée par l'abus de whisky, ton morne de celui qui est totalement blasé par la vie, par cette ville de New York de 2329 totalement corrompue... ainsi que par le vide laissé par la mort de sa femme. Un résultat rétro-futuriste absolument réussi.


Dans cette dystopie, et comme le titre du jeu le laisse entendre, on ne veut plus mourir. On achète régulièrement un nouveau corps et on nous balance dedans. Un truc de rêve ? Ici cela tourne plutôt au cauchemar : en dehors des riches, le petit peuple a des problèmes de synchronisation et de paiement pour ce corps d'emprunt qui coûte si cher.

Mais ça, ce n'est que la toile de fond. Dans les faits, James va devoir enquêter sur un meurtre. Un vrai, de quelqu'un qui ne pourra plus jamais être récupéré pour être injecté dans un autre corps. Pour cela, il va être aidé à distance par sa partenaire, Sara Kai.

Plutôt walking simulator que jeu d'enquête


Ne cherchez pas un jeu où vous allez vous triturer les méninges. Nobody Wants to Die, c'est surtout une ambiance et un scénario.


Au gré de l'aventure, vous en apprenez plus sur ses protagonistes, principalement James et son "accident" survenu quelque temps plus tôt, ou encore Sara, si secrète et professionnelle...

Cela fonctionne parfaitement bien. La voix blasée et les métaphores à outrances inhérentes au genre m'ont paru un peu cliché au départ, mais je suis très vite rentré dedans.

Le jeu se découpe principalement en trois types de phases : du purement narratif, de l'enquête et de la déduction.


Dans les phases narratives, on écoute, on retrouve ce qui fait le succès de jeux comme Firewatch, avec ses échanges entre deux protagonistes qui ne se trouvent pas au même endroit.

Les phases d'enquête vous demandent de découvrir ce qui s'est réellement passé sur une scène de crime. On est dans le futur, on dispose donc d'outils qui nous permettent de remonter le temps sur la scène de crime, si toutefois on dispose de preuves suffisantes. Pas besoin de se triturer le cerveau, c'est principalement de la manipulation qui nous permet de mieux comprendre ce qui s'est passé avant la catastrophe.

Enfin, quelques phases vous demandent de mettre en corrélation des preuves. Là en revanche, il faut avoir bien suivi et mettre ensemble les bonnes preuves pour faire avancer la déduction.


On est donc plus souvent témoin qu'acteur, mais l'ensemble fonctionne parfaitement bien, avec plusieurs histoires qui se mélangent.

Il faut environ cinq à six heures pour en voir le bout, le rythme est parfait. En revanche, j'aurais aimé en savoir encore plus sur ce monde mis en place qui sonne si vrai. Dans un prochain épisode peut-être ?

Nobody Wants to Die sur Steam Deck


Le jeu est mentionné comme non compatible avec la Steam Deck. Pourtant, j'ai terminé le jeu dessus sans avoir besoin d'ajuster des réglages. Je n'ai pas non plus eu de plantages. En revanche, le jeu n'est pas très fluide et on sent bien qu'il y perd pas mal de plumes visuellement. Mais il fonctionne très bien.









Sympathique

Nobody Wants to Die

Superbe dans sa réalisation comme dans sa direction artistique, Nobody Wants to Die nous balance une ambiance superbe et une histoire intéressante à suivre.

La note : 3/6 (Sympathique)