Chroniqué par Nicolas Gilles
Pocky & Rocky reviennent, toujours aussi mignons... et difficiles.Pixel perfect
Pocky & Rocky est un shoot'em up pédestre sorti en 1991 sur Super Nintendo. Ce qui est original, c'est qu'il est l'adaptation d'un jeu sorti en 1986, si bien que le rendu est bien meilleur que l'original, ce qui en fait deux jeux finalement très différents.
Avec Pocky & Rocky Reshrined, on a ici un remake dans les grandes règles : cela respecte le matériel original sans oublier de l'étoffer un peu.

Il faut dire que le studio aux commandes, Tengo Project, s'est spécialisé dans ce genre d'exercice puisqu'on leur doit The Ninja Saviors et Wild Guns Reloaded, un autre classique de la 16 bits de Nintendo.
Sauf que cette fois, il y a plus de matière, on est face à un peu plus qu'un remake puisque le contenu se voit étoffé.
La réalisation est sublime, avec de la 2D rétro blindée de pixels finement animés. Changement de couleurs, effets de vent, c'est un vrai plaisir pour la rétine, qui prend tout l'écran là où l'original était logiquement en 4/3.

Une difficulté diabolique
Ok, c'est chouette comme tout, on retrouve les musiques de l'époque si japonisantes et reconnaissables... mais on retrouve également la difficulté de l'époque, voire peut-être même un cran au-dessus. C'est attroce.
Cela vient notamment du fait que l'on n'est pas en présence d'un shmup classique. Ici, on est à pied. Quand on se déplace, on change logiquement la direction de son tir. Donc quand on évite un adversaire ou ses tirs, on ne lui tire plus dessus !
Avec le tir de base, c'est très compliqué, car il faut être précis. Au gré des power up (a bien choisir, car on a trois types de tir), on récupère une puissance de feu accrue, et surtout plus large.

Le souci, c'est que Pocky & Rocky Reshrined souffre d'une difficulté très old school. Quand on se fait toucher, on perd un cœur de vie, mais notre puissance de feu se voit revue à la baisse, rendant la visée plus précise et logiquement plus délicate.
Bilan : plus on perd, plus on perd.
Des modes de jeu qui se méritent
Le mode histoire propose une difficulté facile... mais elle doit être débloquée. Pour cela, il vous faut récolter 3000 pièces dans des parties en mode normal ou difficile.

Autant dire que je m'y suis salement pété les dents. A raison de 200 à 300 pièces par partie, il m'a fallu persévérer, me provoquant une overdose de Pocky & Rocky. Une bonne idée sur le papier, mais assez couillonne dans la pratique.
Et le mode facile, c'est juste un mode avec des vies infinies, la difficulté reste tout aussi intransigeante.
Et c'est la même chose pour le mode Libre qui permet de choisir son niveau, son personnage et surtout de jouer à deux. Lui, pour le débloquer, c'est 10 000 pièces. Carrément. Ou alors, il faut avoir terminé le jeu, qui compte huit niveaux.

La partie Histoire est entrecoupée de scènes intermédiaires assez bavardes un peu longuettes. Surtout, il n'est pas possible d'accélérer les dialogue : on ferme sa gueule et on suit, ou on passe la scène purement et simplement.









