Chroniqué par Nicolas Gilles
Difficile de s'attaquer à une légende. Et encore plus difficile de réussir son pari.Un choix de développeur étonnant
En 2024 et ce depuis quelques années déjà, Konami ne sait plus faire des jeux. Mais il a toujours les licences. Du coup, quand il est question de faire un remake de Silent Hill 2, dont l'original est sorti en 2001 sur Playstation 2, il n'y a qu'une seule solution : faire appel à un développeur externe.
Et le choix est assez étonnant puisque c'est Bloober Team qui est choisi. Le studio polonais a commis pas mal de jeux d'horreur, avec principalement la série des Layers of Fear et The Medium. Des jeux sympathiques, mais loin d'être inoubliables.

Du coup, lors de l'annonce de ce remake, beaucoup s'interrogent : est-ce que la team sera à la hauteur de ce mastodonte ?
La réponse est oui, sans problème.
Silent Hill 2 remake sort le 8 octobre 2024 sur PC et Playstation 5.

Comme dans nos souvenirs, en pareil mais différent
Cela ne fait que quelques mois que je me suis refait l'épisode originel de Silent Hill 2. Quand je commence ce remake, je l'ai alors bien en tête.
Et force est de constater que le travail réalisé est complètement fou. Le jeu n'est pas le même : certes, les grandes lignes sont là. On incarne toujours James Sunderland que revient à Silent Hill, une ville où lui et sa femme ont passé de bons moments avant qu'elle ne tombe malade et ne décède. Sauf qu'il a reçu une lettre de cette dernière lui donnant rendez-vous là bas, trois ans après sa mort.
Tout est là : la ville embrumée, l'arrivée par le cimetière, le lac, la ville, les différents bâtiments, l’hôpital de Brookhaven, etc. En revanche, le déroulement n'est pas le même, de nombreux éléments de level design ont été changés. On est loin de la copie carbone, mais plutôt d'un épisode qui se libère de l'original tout en restant parfaitement dans ses traces. C'est alors l'occasion de nombreux clins d'œil à certains passages de l'original, sans jamais tomber dans le fan system.

Toujours aussi fin et moins cryptique
Silent Hill 2 aborde des sujets lourds, complexes, rarement abordés dans le jeu vidéo : l'amour, la maladie, la culpabilité, le deuil. L'original était assez cryptique, et j'ai trouvé ce nouvel épisode un poil plus clair, tout en restant régulièrement un peu abstrait, ce qui fait son charme.
Graphiquement, la mise à jour est superbe et colle parfaitement à l'ambiance tantôt énigmatique, tantôt atrocement crade du titre. Encore mieux : on reconnait immédiatement la patte et on identifie instantanément Silent Hill.
Ce qui est en revanche étonnant, c'est que tous les personnages changent physiquement, puisque les acteurs qui les incarnent changent eux aussi. C'est déstabilisant, surtout pour le personnage de Maria que je trouve moins charismatique. Mais c'est une question de point de vue, car on plonge toujours aussi profondément dans l'aventure.

Mais pourquoi ces putains de boss ?
Déjà dans l'original, les combats contre les boss m'avaient gonflé. Ici, j'ai lu ça et là que c'était mieux, mais à mes yeux c'est pire. Même en mode facile, ils constituent des murs de difficulté, certes loin d'être insurmontables (on a pléthore d'objets de soin), mais juste casse-couilles.
Ce que j'aime dans Silent Hill, c'est son exploration, son ambiance, ses découvertes, pas ses combats. Contre les monstres, ça passe. Les jump scare sont nombreux, c'est crade et ça se joue bien, mais décidément, je n'aime pas les boss en général et en particulier dans cet épisode.
Cela vient entacher l'aventure, en ce qui me concerne. Mais tant pis, le reste est tellement excellent.

Il m'a fallu une petite vingtaine d'heures pour en voir le bout. J'ai pris mon temps, exploré chaque rue, chaque recoin de bâtiment, armé de mon plan qui se complète toujours au gré de ma progression. Et comme en 2001, je n'en suis pas sorti indemne.










