Sturmwind, encore une belle arlésienne du jeu vidéo homebrew qui a tout de même fini par pointer le bout de ses pixels. Et on a bien fait d'attendre !

Sturmwind : un développement et surtout une sortie mouvementée sur Dreamcast


Sturmwind est développé par Duranik, un développeur allemand spécialisé dans les vielles consoles, avec notamment Alpine Games sur Lynx. Un fonctionnement homebrew, avec toutefois un côté très professionnel tant dans la méthodologie que dans le résultat obtenu.

Sturmwind se base sur un projet Jaguar stoppé en 1997 nommé Native. Seul le premier niveau est jouable. Il suffit d'y jeter rapidement un oeil pour comprendre la parenté entre Native sur Jaguar et Sturmwind sur Dreamcast.

Sturmwind sur Dreamcast.
Sturmwind sur Dreamcast.

Un distributeur est ensuite trouvé. C'est Redspot Games, qui a déjà publié des titres homebrew comme Rush Rush Rally ou Wind and Water sur Dreamcast. Les précommandes sont lancées fin 2010.

Et c'est à partir de là que les reports s'enchainent. On en vient presque à douter de l'existence du titre. A mes yeux, le problème n'est pas vraiment le retard - après tout, de nombreux jeux du genre ont également connu ce genre de déboires, comme Pier Solar par exemple - mais plutôt la communication calamiteuse de Redspot Games.

Aucune info - ou si peu - ne sortent, et c'est à Duranik d'intervenir afin de rassurer les acheteurs et tenir informé des avancées du projet. Un comble ! De plus, les communiqués de Redspot Game sont parfois discutables. Par exemple, la raison invoquée pour le retard de fin 2011 serait un problème de gravure des CD. Et hop, quelques semaines de vide sans communiquer ! Pour une société qui se dit professionnelle, ça la fout vraiment mal.

La réalisation est magnifique (source : Duranik).
La réalisation est magnifique (source : Duranik).

A cela s'ajoute une dernière bévue : juste avant les envois finaux, Redspot Games demande un supplément de... 15 euros si vous désirez que votre colis ne soit pas envoyé en lettre ordinaire mais plutôt en recommandé avec suivi. Une maladresse de plus qui finira d’entacher la réputation de l'éditeur auprès d'une communauté qui s'en souviendra très certainement longtemps.

Et ce n'est d'ailleurs peut-être pas un hasard si dans le colis, on trouve un flyer pour le site de vente Play Asia, qui est visiblement devenu partenaire de l'éditeur. Une façon tacite d'expliquer son incompétence ? De mon côté je ne le vois pas autrement.

Finalement, Sturmind peut enfin être enfourné dans les Dreamcast le 24 avril 2013.

Sturmwind : le jeu en lui-même


Côté réalisation, c'est tout simplement sublime. A la base, Native est un jeu en 2D (Jaguar oblige). Toutefois, Sturmwind modernise le concept tout en gardant la patte graphique d'origine en y intégrant des éléments de 3D. La Dreamcast crache ses tripes et ça se voit. Le résultat est parfaitement splendide, et la petite console de Sega n'a absolument pas à rougir face aux consoles récentes en terme de flatteries de la rétine !

Les musiques sont entraînantes, et assez variées d'un niveau à l'autre. On a un mélange de techno rythmée à la sauce chiptune qui fonctionne plutôt bien, même pour moi qui ne suis pas particulièrement fan du genre.

C'est bien beau tout ça, mais il faut voir également que Duranik est un développeur allemand... Et il est bien connu que les shoots européens sont souvent clairement à la traine face à leurs homologues japonais. Prenez l'exemple de Soldner X, un shoot développé sur PC par d'autres allemands : c'est superbe, mais ça manque de rythme pour scotcher le joueur à sa manette.

Eh bien de ce côté là également, ça déchire tout ! Sturmwind est un shoot horizontal classique. Comprenez par là qu'il ne lorgne pas du côté des manic et leurs myriades de boulettes. Lui se veut un peu plus tactique, sans tomber dans la difficulté d'un R-Type ou d'un Last Hope (encore un shoot allemand, décidément !).

Vous disposez d'un tir que vous pouvez orienter via la gâchette gauche : vers l'avant ou vers l'arrière. Les vagues adverses peuvent donc arriver d'un peu partout, vous mettant constamment sur le qui-vive. De là, on dispose de trois types de tirs bien distincts et tous très maniables, que l'on peut changer à tout moment via la gâchette droite. Il est possible d'augmenter la puissance de l'un ou l'autre via des capsules lâchées par les adversaires fraîchement dégommés.

Le système de vie est bien pensé : lorsque vous upgradez un type de tir, votre vaisseau se voit agrémenté d'un module. Lorsque vous vous faites toucher, vous perdez vos modules un à un, puis l'arme en question. Lorsque vous n'avez plus d'arme, vous perdez une vie.

La durée de vie est très bonne, puisque le jeu, en mode normal, compte 16 niveaux répartis en 7 mondes. Le jeu sauvegarde votre progression et après avoir fait game over, il est possible de recommencer directement au dernier niveau effectué. Pratique.
Le mode arcade propose six niveaux pris parmi ceux du mode Normal, histoire de faire plus... Ben arcade quoi.

La difficulté est progressive, mais pas très élevée. C'est un choix totalement revendiqué par Duranik qui souhaitait proposer un jeu joli et divertissant au joueur. Les purs et durs pourront tenter le mode difficile... qui porte bien son nom.
Culte, indispensable !

Sturmwind

Sturmwind est un excellent shoot, très bien réalisé et au gamplay aussi classique que bien huilé. Mais Sturmwind représente également, malgré lui, le discrédit de son éditeur, Redspot Game, qui aura fais les frais d'une communication calamiteuse.
Aller hop, note maximale, parce que je ne l'aurais pas attendu pour rien.

La note : 6/6 (Culte, indispensable !)