Chroniqué par Nicolas Gilles
Quand l'esbrouffe visuelle s'appuie sur un gameplay en béton, ça fait un shmup totalement inoubliable.Pas de shoot'em up sur Super Nintendo ?!?
Les premiers mois, voire les premières années, de la vie de la Super Nintendo ne sont pas vraiment marqués par le shoot'em up. Certains accusent même son processeur, le 65816, de n'être pas assez puissant pour afficher de nombreux sprites à l'écran. De quoi amener de l'eau au moulin des fans de Sega qui, eux, ont pas mal de shoot'em up de qualité, Thunderforce IV faisant figure de maître étendard du genre.
Heureusement, la 16 bits de Nintendo réplique avec deux jeux qui vont marquer le genre : Super Aleste, et surtout le Axelay qui nous intéresse ici. C'est Konami qui est aux commandes, et avec des trucs de fou comme Castlevania IV en 1991 ou Contra III (Super Probotector) et Turtles in Time en 1992, l'éditeur japonais est au plus haut de sa forme.

Il va toutefois falloir être patient : le jeu sort le 11 septembre 1992 au Japon, mais il faut attendre le 30 septembre 1993 pour le voir arriver en Europe. Cette fois, on sait pourquoi il a mis autant de temps à sortir par chez nous : il était tout simplement destiné à rester cantonné au marché nippon ! Devant l'insistance des Occidentaux, Konami a eu la largesse de le proposer partout dans le monde.
L'intro est étonnante. Tout commence par une photo d'un médaillon représentant votre famille... puis l'invasion alien, qui va décimer ladite famille. C'est suggéré, mais c'est tout de même violent, si bien que le scénario classique du pilote-dernier-espoir-de-l'humanité que vous incarnez a ici beaucoup plus de poids.
Une merveille visuelle et une prouesse graphique
L'image de marque d'Axelay, ce sont avant tout ses niveaux verticaux où le décor semble s'incurver sur un horizon bombé.À l'époque, on pense que c'est grâce au mode 7 de la Super Nintendo, le fameux mode qui permettra des F-Zero et autres Super Mario Kart. Il n'en est rien. C'est un effet raster qui ne tire quasiment pas sur le processeur, lui permettant d'afficher des boss absolument énormes !

Mais l'aspect technique, même flamboyant, ne serait rien sans le gameplay en béton du jeu.
Axelay se décompose en six stages, alternant scrolling vertical et horizontal, ce qui est très rare pour du shmup, où les jeux restent cantonnés à la même perspective. Chaque niveau se termine par un combat contre un boss. Ok, classique.
Mais là où c'est beaucoup plus original, c'est que le jeu ne propose pas de power-up, pas d'étoiles pour récupérer des points. Rien. On choisit son équipement au début de chaque niveau sur un écran de Weapon Select. On peut emporter trois armes, qui viennent se varier et s'étoffer au gré des niveaux.

Lorsque vous vous faites toucher, vous perdez l'utilisation de l'arme en cours. Il vous en reste alors deux autres. Une variante au "plus tu perds, plus tu perds" si chère aux shoot'em up à power-up qui permet de donner une fois de plus une touche très particulière à Axelay.
Parmi les reproches, parce que personne n'est parfait, on peut regretter des collisions parfois approximatives, surtout dans les stages verticaux (dû à l'effet dome). On peut également regretter un système de scoring un peu simple et, surtout,l'impossibilitéé de jouer à deux. Pour un shmup, c'est tout de même dommage.














