Chroniqué par Nicolas Gilles
Un RPG dans les Alpes, tu le crois ça ?Un jeu 100% terroir
Dungeons of Hinterberg est le premier jeu du studio autrichien Microbird Games, basé à Vienne. Et leur localisation n'est pas anodine tant leur premier jeu s'inspire de leur territoire, puisque l'action se situe dans les Alpes autrichiennes.
Le jeu sort en 2024 sur PC et Xbox, et en 2025 sur PS4 et PS5.

Vous incarnez Luisa, une étudiante en droit, future avocate sur les rotules qui vient se mettre au vert dans la ville d'Hinterberg. Ce charmant village des Alpes a l'originalité d'avoir été touché par la magie. Des donjons sont apparus, avec des monstres dedans et tout et tout, si bien que les touristes ont afflué, le tout aidé par la Mairesse du village qui semble particulièrement aux anges que sa bourgade soit devenu un haut lieu touristique.
Votre but est donc clair : vous farcir les quelque vingt-cinq donjons de la région. Pourquoi ? Parce que vous êtes une touriste, parce que vous voulez du fun, parce que vous êtes là pour vous changer les idées. Bref, vous êtes en vacances. Vraiment ?
Outre son cadre finalement pas banal bien que très proche de chez nous, Dungeons of Hinterberg marque également par sa direction artistique. Elle ne sera peut-être pas du goût de tous, mais en ce qui me concerne, elle a fait mouche immédiatement, et durant toutes mes parties, je ne m'en suis jamais lassé !

Un Persona à l'européenne ?
De loin, la recette de Dungeons of Hinterberg fait penser à la série Persona. Vous pouvez retrouver les critiques de Persona 2 et Persona 4 si vous le désirez.
Concrètement, une journée se découpe en plusieurs parties.
La journée, vous vous faites un donjon. Vous pouvez également choisir de flâner ici et là, dans certains lieux qui feront monter certaines de vos statistiques.

En soirée, vous pouvez faire des emplettes et passer du temps avec des personnages, villageois ou touristes. En débloquant des amitiés, vous débloquez diverses récompenses qui vont bien vous servir pour la suite de l'aventure... mais cela donne par ailleurs de précieuses informations sur le scénario, petit à petit.
Et le soir, vous pouvez aller vous coucher, mais aussi bouquiner pour booster votre savoir ou regarder la télévision pour booster différentes aptitudes. Mais attention, vous manquerez de sommeil, donc le lendemain, votre barre de vie sera réduite. Bien vu !
Cela rappelle donc beaucoup le fonctionnement de la série Persona, avec le côté très addictif de la recette, qui fonctionne tout aussi bien ici. Sauf que les longueurs de la série japonaise nous sont épargnées ici ! Il faut une bonne vingtaine d'heures pour voir le bout du titre, et c'est un très bon timing.

Dungeons of Hinterberg est avant tout un RPG, avec des statistiques que vous boostez : barre de vie, barre d'endurance, barre de magie. A cela s'ajoute votre équipement que vous pouvez changer, adapter, booster à la magie. Il y a largement de quoi faire, mais ce n'est jamais bordélique ni prise de tête. Et surtout, c'est naturel, il n'est pas nécessaire de leveler pour progresser.
Les Alpes en quatre temps
Le monde mis en place se découpe en quatre régions. Ce qui est original, c'est que chaque région dispose de sa propre magie, ce qui donne lieu à des gameplays différents à chaque fois.
Les donjons se basent bien entendu sur ces gameplays, en proposant à la fois des combats, de l'exploration et des puzzles. Ils ne sont jamais très longs, en une vingtaine de minutes on en fait généralement le tour. Cela facilite des parties assez courtes et le fameux "aller, je m'en fait un petit dernier" qui fait que le compteur d'heures de jeu monte très rapidement.

Pas si simpliste
Derrière son côté couillon, Dungeons of Hinterberg se met à nous titiller après quelques heures de jeu. Ok, c'est cool la magie, mais qu'est-ce que cela entraîne ? Qu'est-ce que cela coûte ?
On peut faire un parallèle avec l'écologie ou le tourisme à tout prix... en fait, on peut faire plein de parallèles. Le jeu est clairement orienté (mais je ne veux rien vous dévoiler pour ne pas bousiller votre effet de surprise), mais il ne se pose jamais en donneur de leçon.
Cela amène un côté bienvenu en plus des mécaniques si addictives du jeu, car finalement, si le scénario se fait discret au début de l'aventure, il prend son envol dans la seconde partie du jeu, venant briser un éventuel effet de monotonie.











