Chroniqué par Nicolas Gilles
Un jeu avec du placement de marque, ça peut aussi être de qualité.Placement de marque
Dans les années 90, sortir un jeu entièrement dédié à une marque n'est pas un problème. On a Cool Spot qui met en avant la marque 7 Up ou Zool qui fait la promotion de marque de sucettes Chupa Chups.
Un point commun ? Tous des bons jeux ! Il est assez marrant de voir qu'à l'époque, ce genre de titres étaient de meilleure qualité que bon nombre d'adaptations cinématographiques.

Alors vous aurez beau aller voir sur le site Mcdonald's, vous ne trouverez pas de trace de Global Gladiators, sorti sur Megadrive en 1992. Ce n'est pourtant pas la première fois que la marque fait du sponsoring dans le jeu vidéo, l'entreprise ayant déjà sponsorisé M.C. Kids sur NES. Et pas la dernière, car McDonald's Treasure Land Adventure sortira l'année suivante sur Megadrive.
Sauver la planète
Vous incarnez Mick et Mack, deux mecs cools (c'est ce que dit la notice) qui vont devoir partir à l'aventure pour sauver la planète. Le jeu s'inscrit dans la mouvance des Captain Planet et autres jeux à tendance environnementale.
Au programme, quatre mondes : Slime World, Mystical Forest, Toxi-town et Arctic World, se décomposant chacun en trois niveaux, pour un total de douze (si vous savez compter).

Au gré de chaque level, vous devez occire les monstres sur votre passage, mais également ramasser des items bonus en forme de logo McDonalds. Si vous en ramassez au moins treize (ce qui n'est pas un challenge très élevé), Ronald McDonalds apparait à la fin du niveau et vous offre quelques bonus sous forme de points supplémentaires.
Une touche graphique reconnaissable
En dehors du M très représentatif de la marque de fast-food, Global Gladiators ne fait que très peu de référence aux poncifs de la marque. Et c'est finalement une bonne chose : plutôt que de faire du martellement, le jeu la joue plus fine en tâchant de proposer un bon jeu, tout simplement.
Et quand on y regarde de plus près, on peut avoir un petit côté déjà-vu, ou plus exactement un truc que l'on retrouvera plus tard, dans Earthworm Jim. Car au développement, on a David Perry, l'auteur des aventures du ver de terre intergalactique !

Un chouette gage de qualité pour un jeu qui semble tout de même répondre à une commande. Là où Earthworm Jim fourmille d'idées et de gameplays, Global Gladiators pêche par son manque de variété.
D'un monde de à l'autre, il n'y a que le visuel qui change, le gameplay reste exactement le même. Pire, les trois types de monstres (volant, au sol, crachant des trucs) restent identiques en termes de mécanique, avec des looks différents.
Heureusement, l'ensemble reste agréable grâce à des niveaux où il ne suffit pas de foncer vers la droite : il faut trouver son chemin tout en tâchant de récupérer un maximum de bonus afin de faire apparaitre Ronald à la fin du niveau.

Un beau succès à l'époque
Si je trouve Global Gladiators un peu trop redondant sur la durée, ce n'est pas vraiment un reproche fait à l'époque. Le jeu est même très bien reçu par les critiques qui voient en lui la contre-attaque de la vision occidentale du jeu vidéo (le jeu est développeur aux Etats-Unis), en opposition avec la vision japonaise qui prévalait jusque-là. Surtout, il se vend très bien.
Si bien que cela donne des idées à Disney qui va contacter Virgin, l'éditeur / développeur de Global Gladiators, pour lui confier le développement d'adaptations de ses dessins animés, à commencer par Aladdin. Ouais, belle histoire quand on connait la qualité du jeu en question.












