Certains jeux forgent des légendes, et même mieux : ils créent un genre à part entière. Metroid en fait partie.

Le début des aventures de Samus Aran


Pour avoir le scénario de Metroid, il ne faut pas regarder l'introduction. Comme pour la plupart des jeux de l'époque, il n'y en a pas.

Non, il faut lire la notice, tout simplement ! Encore une habitude que l'on a totalement perdue avec le temps, puisque peu à peu, les notices en question ont disparu de nos boites de jeu.

L'arrivée dans le jeu... il faut aller à gauche, pas à droite !
L'arrivée dans le jeu... il faut aller à gauche, pas à droite !

Vous incarnez Samus Aran, un chasseur de l'espace qui part à la recherche de pirates qui ont volé une nouvelle race d'alien particulièrement coriace : les Metroid.

Il vous faudra explorer la planète Zèbes et ses différents secteurs depuis entrés dans la légende : Brinstar, Norfair, etc. Et à la fin, vous devrez vaincre Mother Brain.

Un bijou de level design


À une époque où les jeux vidéo tentaient tous de copier Super Mario Bros en forçant votre petit personnage à aller constamment vers la droite, Metroid fait tout autre chose : il vous demande d'explorer.

Premier items qui va nous permettre de progresser : la Morphing Ball.
Premier items qui va nous permettre de progresser : la Morphing Ball.

Vous êtes lâché dans le monde hostile de Metroid sans explications. Tout ce que vous constatez, c'est qu'en allant sur la droite, vous finissez par être bloqué. Dans ce cas, vous allez sur la gauche, et là, vous découvrez un objet qui va vous permettre de continuer votre périple : la Morphing Ball. Petit à petit, le joueur des années 80 que nous étions comment à piger : il ne faut surtout pas aller sur la droite aveuglément, mais explorer.

Et c'est là tout le génie de Metroid : vous faire découvrir des objets qui vous permettront de continuer l'aventure en débloquant de nouvelles parties de niveau.

Très en avance sur son temps


Metroid est une sorte de mix de deux autres grands jeux de l'époque de Nintendo : Super Mario Bros pour le côté plateformes, et Zelda pour le côté aventure et équipement. Mais l'ensemble, finalement, n'a plus rien à voir avec ses deux inspirations.

Le jeu est truffé d'amélioration, mais pas évident de toujours les trouver.
Le jeu est truffé d'amélioration, mais pas évident de toujours les trouver.

Les jeux qui posent un nouveau genre souffrent forcément de limites, car les épisodes ou les jeux reprenant la recette vont l'améliorer et la moderniser.

Toutefois, on trouve tous les marqueurs de ce qui deviendra plus tard le metroidvania... Le "vania" en question, Castlevania Symphony of the Night, ne sortia que plus de dix ans plus tard.

Entre temps, on aura Super Metroid sur Super Nintendo qui va jouer la carte de modernisation du gameplay tant attendue...


L'autre élément qui a marqué son époque, c'est que le héros est... une héroïne. Samus Aran. À l'époque, avoir une héroïne aux faits et gestes comparables à tout ce que font les héros de l'époque est quasiment inexistant. Mais le pire, c'est que Nintendo attend la toute fin du jeu pour nous la dévoiler... Eh oui, jusque-là, elle est dans sa combinaison spatiale !

Très old school pour les joueurs actuels


Metroid est une légende qui a marqué son époque. Sauf que les années 80, c'est terminé.

Y rejouer actuellement, c'est s'exposer à des façons de joueurs que l'on a oublié. Finalement, ce n'est pas tant la difficulté qui est très élevée, c'est surtout la maniabilité qui est particulièrement old school.


Vous ne pouvez tirer qu'à droite, à gauche et en haut. Pas en diagonale, et surtout pas en vous baissant... car vous ne pouvez même pas vous baisser ! Du coup, les fameux escargots qui pullulent dans les niveaux vont bien vous faire chier, parce que vous ne pourrez pas leur tirer dessus si vous êtes sur un terrain plat !

Pire : le jeu ne propose aucune carte. Et là, ce n'est pas évident quand on joue à un jeu avec un tel level design. À vos papiers et vos crayons, on fait à la main, sur du papier à petits carreaux, et on ajoute plein de notes là-dessus. Cela rappellera certainement de bons souvenirs aux joueurs de Dungeon Master.

Cela fait aussi partie du plaisir de jeu. En tout cas, c'était le cas à l'époque. Maintenant, on trouve des cartes réalisées par de gentils internautes et qui nous facilitent bien la vie.

Le combat contre Mother Brain.
Le combat contre Mother Brain.

A noter qu'en 2004 est sorti Metroid Zero Mission sur Game Boy Advance, qui n'est autre qu'un remake du premier Metroid à la sauce Super Metroid (avec tout de même pas mal de changements). Bref, tout ce qu'il nous fallait pour bien profiter !


La fameuse séquence final, dévoilant que Samus est une femme.
La fameuse séquence final, dévoilant que Samus est une femme.

Culte, indispensable !

Metroid

Metroid a certes posé un genre, mais il faut s'accrocher et avoir la patience de dessiner sa propre carte pour en profiter. Mais purée, quel jeu !

La note : 6/6 (Culte, indispensable !)