Un jeu typiquement micro adapté sur console, ça donne quoi ? Du tout bon.

Un revival difficile


Switchblade a fait les beaux jours des micro-ordinateurs des années 80, notamment sur Amiga et Atari ST, mais également sur bon nombre d'ordis 8 bits comme le CPC ou le Spectrum. Il est développé par Core Design à qui on doit des perles comme Rick Dangerous (1989), Heimdall (1991) ou un certain Tomb Raider (1996).

Le projet d'adapter le jeu sur Megadrive vient de Piko Interactive, très actif dans le monde du rétro. Une campagne Kickstarter est lancée afin de financer les versions Atari Jaguar et Sega Megadrive.


La campagne propose les jeux sur les consoles susmentionnées bien entendu, mais lance un nouveau concept : une figurine à l'image du héros (ici Hiro) du jeu livré avec sa cartouche ou sa clé Steam. Et même un jeu électronique sur le plafond des 140 000 dollars récoltés est dépassé.

Le jeu électronique restera un rêve, car la campagne ne réunira que 170 contributeurs, pour 9 525$ récoltés. Un bide qui n'empêche heureusement pas de lancer le développement du jeu, qui sort en 2019 sur Megadrive.

Un portage de l'Amiga


Le portage est de super qualité, et c'est un plaisir de retrouver ce super jeu avec une manette Megadrive en main et, plus généralement, de voir un portage console d'un jeu qui n'existait jusque-là qu'exclusivement sur micro.


Personnellement, rien que le fait de pouvoir y jouer avec le confort de la manette justifie cette version.

Ensuite, on retrouve cette touche typiquement micro. Switchblade rappelle de façon lointaine Rick Dangerous, au moins dans sa réalisation. La difficulté est élevée, mais pas aussi incroyable.

Vous disposez d'un bouton pour sauter, et d'un autre pour frapper. Les attaques sont très particulières : lorsque vous restez appuyé sur le bouton d'attaque, vous faites monter une jauge qui va définir la puissance de votre coup, mais également son orientation : à fond, vous donnez un coup de pied au sol ; au milieu de la jauge, c'est un coup de pied vers le haut.


Et cela a son importance, parce que dans Switchblade on tape presque autant dans les murs que sur les ennemis.

Dédale labyrinthique


Switchblade est tout sauf une ligne droite. Rien à voir avec un run'n gun, il a son style bien à lui.

On avance, et rapidement, on est bloqué : il faut alors tenter de frapper un mur pour découvrir que l'on peut détruire des blocs. Plus loin, on découvre qu'en avançant, on peut trouver d'autres passages. On fait demi-tour et on explore, sans jamais comprendre si c'est un petit passage fait pour planquer des bonus ou si c'est le chemin principal.


En gros, on est constamment perdu dans ce dédale sous-terrain, et c'est ce qui fait le charme de Switchblade. On n'est donc pas dans l'action trépidante, mais dans l'exploration.

Ce qui est un peu dommage, c'est que les décors ne changent jamais : c'est toujours cet univers gris un peu tristounet et monotone. Au moins, c'est très lisible.



Excellent !

Switchblade

Armé d'une manette Megadrive, parcourir Switchblade est un vrai plaisir !

La note : 5/6 (Excellent !)