Chroniqué par Nicolas Gilles
Un jeu d'action carrément moderne pour son âge.Le talent...
Certains développeurs ont marqué leur temps. Quand on parle Amiga, on pense immédiatement aux Bitmap Brothers, ce studio anglais fondé en 1987 et producteurs de hits à la chaîne : Xenon, Speedball, Cadaver, Z... et The Chaos Engine.
Le mieux, c'est qu'ils ne se sont pas cantonnés au même style : shoot'em up, sport, action, aventure, et à chaque fois, des merveilles.

The Chaos Engine en fait partie. Pourtant, en 1993, le style est ultra-représenté, que ce soit sur micros ou consoles. On a, par exemple Alien Breed qui propose une vision particulièrement marquante du genre.
Il sort tout d'abord sur Amiga - forcément, avec les Bitmap Brothers - puis est très rapidement adapté sur PC, Super Nintendo, Megadrive, et même Amiga CD32 et Amiga 1200 (dans une version AGA splendide).
À noter qu'il est sorti sous le nom de Soldiers of Fortune aux États-Unis, je ne sais pas trop pourquoi...

Steampunk
The Chaos Engine parait assez classique de nos jours, mais à l'époque, le jeu est truffé de choses pas forcément banales.
Déjà graphiquement, ce style steampunk à la Jules Verne qui aurait tripé le futur fait des merveilles.
Au début du jeu, vous choisissez qui vous allez incarner, parmi une sélection de six personnages : voleur, militaire, gentleman, mercenaire, brigand ou prêtre. Ce dernier est changé en scientifique sur les versions Megadrive et Super Nintendo, histoire de ne pas heurter la sensibilité des culs bénis pour qui, à l'époque, le jeu vidéo, c'est le MAL.

Chaque personnage dispose d'aptitudes particulières, comme dans un jeu de rôles. Cela permet, entre les niveaux et avec l'argent récolté, d'acheter des améliorations pour augmenter la puissance de notre tir, mais également étoffer le tir secondaire.
D'autres compétences sont tout aussi importantes, telles que l'augmentation de sa barre de vie, car l'on commence par seulement un moignon de barre de vie.
Il est possible d'acheter des vies supplémentaires, mais elles coûtent une blinde.
Le level design est bien foutu. Forcément, il faut défourailler à tout-va pour défoncer tout le monde. C'est souvent la meilleure solution. Toutefois, il faut régulièrement observer attentivement le niveau pour savoir que faire.

Un jeu à deux, qui peut être pratiqué tout seul
Là où The Chaos Engine fait des merveilles, c'est au niveau du second joueur. Bien entendu, le mieux est d'y jouer avec un pote. D'ailleurs, vu la difficulté, c'est même très fortement recommandé.
Mais, on ne fait pas toujours ce que l'on veut. Les développeurs ont donc grandement travaillé sur l'IA de ce frère d'armes lorsque l'on joue en solo. Son comportement est assez étonnant de réalisme. Les gars de chez Bitmap Brothers se sont inspirés des réactions d'un réel second joueur pour créer leur intelligence artificielle.
Ce qui est génial, c'est qu'en fonction du personnage choisi, ce dernier a plus ou moins d'intelligence, et cela va se ressentir sur son comportement. Heureusement, entre les niveaux, vous pouvez faire évoluer l'intelligence de votre compagnon.

Alors forcément, votre comparse va régulièrement faire de la merde et mourir connement, vous laissant généralement mourir connement très rapidement à votre tour. Il n'est pas infaillible, mais globalement c'est très réussi.
Parce qu'il faut dire que la difficulté de The Chaos Engine est abyssale. Mais c'est tellement bien foutu que l'on a envie de continuer.
Le jeu compte quatre mondes composés chacun de quatre niveaux. Un seul boss, celui qui conclut l'aventure. Et là, vous allez perdre un sacré paquet de dents, j'espère que vous aurez mis de côté assez de vies.









