Chroniqué par Nicolas Gilles
De la science-fiction old school, ce n'est pas si courant que cela en jeu vidéo.Une adaptation très libre
The Invincible est le premier jeu du studio Starward Industries, un studio Polonais. Il est édité par 11 bits studios (Frostpunk, Children of Morta ou encore Indika) en 2023 sur PC, Xbox et PS5.
Il est l'adaptation très libre du roman du même nom de Stanislaw Lem, sorti en polonais en 1964 et traduit en français en 1972. Tellement libre qu'il propose une aventure qui se déroule dans le même monde, mais pas avec les mêmes protagonistes. Pratique pour moi qui n'ai pas lu le livre.

L'action se passe sur la planète Regis III. Oui, Regis. Pour moi qui suis inconditionnel des conneries des Nuls, cela m'a fait régulièrement sortir de l'aventure, au moins du début. Car The Invincible est tout sauf drôle.
Une direction artistique de feu
Dès les premières minutes, on comprend pourquoi le jeu a fait parler de lui : c'est super beau. Pas seulement techniquement, mais plutôt au niveau de sa direction artistique.
On se retrouve littéralement plongé dans la science-fiction des années 50 / 60, à l'époque où la course aux étoiles est à son apogée. C'est sans conteste le point fort de The Invincible.

On incarne Ysana, une scientifique qui se retrouve paumée sur Regis III et qui doit partir à la recherche du reste de l'équipage alors qu'elle est moitié amnésique.
Tout le seul du jeu, ce sera bien entendu de comprendre ce qui se passe sur cette planète aux allures de désert martien, et où est passée l'autre partie de l'équipage.
N'est pas Firewatch qui veut
The Invincible est bien pété : régulièrement, j'ai pesté car je ne savais pas où aller, le système de carte dessiné à la main étant un chouette truc de direction artistique, mais un ratage complet pour le game design. Cela renforce le côté "je suis perdu", mais pas forcément de la bonne façon...

Dans The Invincible, je me suis régulièrement pris des murs invisibles, des câbles impossibles à enjamber, le tout me rappelant que je suis dans un jeu vidéo, et qu'il faut que je fasse ce que les développeurs attendent de moi.
Dans un jeu à scénario ce n'est pas forcément un souci, mais dans un walking simulator comme ici, ça frotte un peu trop aux entournures, comme si le jeu avait tout misé sur son visuel plutôt que sur l'immersion réelle du joueur.
On discute énormément avec son responsable (votre Astrogator) par radio, ce qui fait forcément penser à Firewatch. Mais la comparaison s'arrête là, ce dernier étant bien mieux maitrisé dans sa narration.

C'est lent et je m'ennuie... mais je veux connaître la suite
Mais le principal problème de The Invincible, c'est qu'il est bien trop long. Il a d'énormes problèmes de rythme.
Il m'a fallu environ neuf heures pour en voir le bout, alors que je pense que le jeu pouvait tenir en cinq ou six pour un résultat qui aurait été certainement beaucoup plus carré.
Il n'en reste pas moins que malgré le ventre mou de tout le milieu du jeu, j'ai vraiment eu envie de connaître le fin mot de l'histoire, et je n'ai pas été déçu.

Le jeu nous permet de faire des choix, qui conduisent à 11 fins différentes. Cela ne favorise pas la rejouabilité, dans le sens où je n'ai pas envie d'essayer d'autres choix que ceux que j'ai faits durant ma partie.
The Invincible sur Steam Deck
Le jeu est mentionné comme compatible. C'est absolument le cas. Toutefois, on sent bien que la réalisation technique fait que l'on y perd quelques plumes. Le jeu n'est pas sorti sur Switch, ce qui ne me semble pas être un hasard. Mais le résultat a peut-être un frame rate un peu faiblard, il reste satisfaisant pour un walking simulator.









