Chroniqué par Nicolas Gilles
Un shoot au parcours pas banal, puisqu'il n'était pas destiné à être commercialisé.1989 : une année de fou
1989 est une année de fou pour Toaplan, bien connu pour ses shoot'em up. Et pour cause, cette année là, le studio a sorti quatre shmups. Oui, quatre. Twin Hawk, Hellfire, Fire Shark et Zero Wing. Le studio est alors à l'apogée de sa gloire, avant de brusquement se crasher en 1994.
Il est connu surtout pour son portage Megadrive, et notamment à sa traduction totalement moisie, à tel point que le "All your base are belong to us" présent dans l'introduction spécialement conçue pour la version européenne est devenu un meme bien connu. Mais cela concerne uniquement la version Megadrive.

Un shmup de training ?
Zero Wing sort totalement des habitudes de Toaplan. Déjà, c'est un shmup horizontal, là où le studio s'est fait une spécialité des jeux verticaux. Il reprend le moteur graphique de Hellfire, l'autre shoot horizontal fait maison.
Ensuite, l'ambiance est radicalement différente. Jusque-là, le studio nous avait habitué à des décours réalistes avec des avions, des bateaux et surtout des tanks. Ici, on se retrouve dans l'espace, avec des trucs bizarres, souvent très imaginatifs.
Cela vient du fait qu'à la base, Zero Wing n'était pas développé pour être publié. Il servait de terrain de jeu pour que les nouveaux arrivés puissent se faire les dents sur la création d'un shoot'em up... d'où le côté un peu freestyle du résultat.

Quelle belle idée de Toaplan que d'avoir décidé de sortir officiellement ce travail ! Car en 1989, Toaplan tourne un peu en rond, n'arrivant pas à se sortir du carcan shoot'em up vertical sauce Seconde Guerre Mondiale. On avait bien Truxton, mais c'était bien le seul.
Un gameplay différent, mais classique
Côté gameplay, ce n'est pas du typique Toaplan, mais ça reste classique : un tir principal et des bombes.
On change de tir en choisissant des pastilles de couleurs laissées par les adversaires. Pour augmenter sa puissance de feu, il faut prendre une pastille de la même couleur. Et ce n'est pas toujours évident, car dans le feu de l'action, on a vite fait de prendre une autre couleur et de changer son style de tir. On a ainsi trois types de tir : classique frontal, laser, et des petits missiles téléguidés bien pratiques.

L'originalité, c'est la possibilité d'attraper certains adversaires et de s'en servir comme bouclier face aux tirs adverses. On peut également les lancer comme projectile.
La difficulté est plutôt moyenne pour un jeu du genre. Le titre compte huit niveaux, ce qui laisse augurer d'une bonne durée de vie.
L'ensemble reste très classique, mais apporte une belle bouffée d'oxygène aux jeux du studio.








