Chroniqué par Nicolas Gilles
Qute remet le couvert avec un shmup à la sauce roguelite.Un développement qui prend son temps
Le studio japonais Qute, spécialisé dans les shoot'em up, remet le couvert avec un jeu qui reprend la recette de Ginga Force, leur précédent shmup, ceci après un remake de leur premier jeu sorti initialement sur Wonderswan, Judgement Silversword.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Qute prend son temps entre ses jeux. Ginga Force est sorti en 2013. Natsuki Chronicles est annoncé pour 2015, puis reporté chaque année, pour finalement voir le jour en 2019.

Un developpement hell ? Peut-être, mais pas forcément. Cela tient à la structure très particulière de Qute et de sa toute petite équipe. D'un côté, on a M-Kai, le développeur à l'origine de Judgment Silversword, qui collabore avec Qute, qui se charge de la partie technologique et de la publication du jeu, ainsi que de la gestion de projet.
Cela explique que les jeux du studio sortent "quand ils sont terminés", un système typiquement indépendant que l'on peut tout particulièrement saluer ici.
La même chose, dans l'autre sens
Natsuki Chronicles reprend donc la recette de Ginga Force. Mais il s'est passé six ans entre temps, alors qu'il y a seulement deux ans entre les deux jeux précédents, Ginga Force et Eschatos.

Cela a visiblement permis au studio d'affiner sa recette, car Natsuki Chronicles me semble bien plus abouti que son prédécesseur.
Pourtant, sur le papier, c'est la même chose, mais en horizontal.
Le jeu se base sur le principe qu'un shmup, on le recommence des dizaines, voire des centaines de fois. Alors plutôt que d'avoir tout le temps la même chose, on lui ajoute une petite dose de Roguelite : à chaque fois que l'on termine un niveau, on gagne de l'expérience et de l'argent.

L'expérience nous permet d'avoir plus de boucliers, et donc d'encaisser plus de coups. Elle nous permet également de débloquer des améliorations (notamment de tir). L'argent nous permet d'acheter ces extensions.
À force de recommencer un même niveau, on l'apprend et on le maîtrise mieux, mais on le recommence par ailleurs à chaque fois un peu mieux équipé. Du coup, plus on perd, mieux on est armé pour le passer ! Cela rappelle un adage des Shadocks, et cela fonctionne parfaitement bien !
Un gameplay souple et customisable
Côté gameplay, le jeu utilise un système de boucliers plutôt qu'une barre de vie classique. On dispose à la base de trois boucliers, qui se régénèrent peu à peu.

On dispose également de deux types de vitesse pour son avion, un peu comme dans Donpachi. Sauf qu'ici tout est réglable : la vélocité de chaque vitesse ou encore comment passer de l'une à l'autre.
Au niveau de l'armement, on a du classique, avec principalement du tir vers l'avant et du tir vers l'arrière. Une fois de plus, tout est customisable.
En général, Natsuki Chronicles propose une expérience très fluide et particulièrement addictive : dès que l'on débloque quelque chose, on brûle d'envie de l'essayer !

Après, on peut reprocher au jeu de proposer, une fois de plus, des graphismes très génériques, sans âme. On peut ajouter que le scénario, même s'il est bien décrit, est quasiment impossible à suivre, puisque comme souvent dans les shmups, les personnages discutent pendant le feu de l'action... Et puis même, qui s'intéresse au scénario d'un shmup ?
Au final, la durée de vie est excellente, car le jeu nous prend par la main pour terminer chaque niveau en difficulté supérieure.






