Chroniqué par Nicolas Gilles
Un beat'em all difficile, mais carrément fun.Baston exigeante
Le studio Sloclap s'était fait remarquer grâce à son premier jeu, Absolver. Un jeu de fight exigeant, trop pour moi, même. Le studio parisien enchaine donc avec Sifu, un nouveau jeu de baston tout aussi exigeant.
Un jeu absolument pas pour moi, qui n'accroche pas du tout à la difficulté et qui laisse très rapidement tomber ce genre de jeux (ce qui m'était arrivé pour Absolver).

Sauf que dans les années 2022, les jeux sont en kit. La première version de Sifu était solide, mais les mises à jour ont apporté le truc que j'attendais : le mode facile. Un mode bien foutu car il permet de customiser son expérience en activant un certain nombre d'options. Super pratique.
L'enfer de la vengeance du retour du dragon sabreur pas manchot
Sifu puise dans tout ce qui fait l'archétype du film d'arts martiaux des années 70 et 80. Enfant, votre personnage (vous pouvez choisir un homme ou une femme) est témoin de la mort de son mentor. Le temps passe, et vous n'avez plus qu'une chose en tête : la vengeance. Le jeu accumule les clins d'œils aux films du genre, par exemple cette traversée de couloir où l'on défonce tout le monde à la manière d'un de Old Boy de Park Chan-wook.
Et c'est parti pour cinq niveaux qui se concluront chacun en un combat dantesque contre l'un ou l'une des responsables de la mort de votre senpai.

Cinq niveaux, c'est court, mais Sifu n'est pas fait pour être joué en un run, mais en plusieurs run, plein de runs, plein plein de runs. Parce que le jeu est difficile, très difficile. Il est pensé pour que le joueur joue la carte de l'apprentissage.
Le poing du dragon (dans ta gueule)
Dès les premiers pas, Sifu fait mouche : la maniabilité est particulièrement excellente, et, surtout, on ressent la puissance du poing du dragon... enfin, des arts martiaux.
Le tout est souligné par une réalisation très solide, avec un effet cell shading qui rappelle également un tableau à l'huile très classe. Tout est super lisible, et la direction artistique fait des merveilles. Le level design est assez fin pour ne pas nous poser une succession de couloirs et d'arènes.

Là où Sifu est original, c'est au niveau de sa progression. Grâce à un talisman que vous avez en votre possession, la mort n'est pas définitive. Vous échangez chaque mort contre une année de votre vie. Cela colle parfaitement au revenge movie dont le jeu s'inspire, et le principe de vieillir d'un an à chaque mort donne une progression très particulière. À 70 ans, vous mourrez irrévocablement.
L'idée est donc de recommencer chacun des niveaux (le Squat, Le Club, Le Musée, etc.) afin de vous améliorer et de les terminer sans avoir perdu trop d'années. Vous pouvez même débloquer des raccourcis dans un niveau, afin de le terminer plus facilement, plus rapidement, et donc plus jeune.
Les combats sont super techniques, c'est un fait, mais ils sont également super jubilatoires, ce qui n'est pas forcément évident ! Sifu est dur, mais il est fun !

Et en plus, il est addictif : car vous récoltez aussi de l'expérience, sous plusieurs formes, qui vous permettent de vous améliorer. Nouveaux coups, mais pas seulement, si bien que l'on monte en puissance, nous donnant envie d'aller toujours plus loin.
Sifu sur Steam Deck
Sifu est totalement compatible avec la Steam Deck : tout tourne parfaitement : c'est fluide, fun, parfait quoi.










