Chroniqué par Nicolas Gilles
Une réalisation peut être un poil trop ambitieuse, mais tout ce qui fait le charme de Syberia est là !Putain 13 ans !
13 ans, il aura fallu attendre treize années pour pouvoir vivre la suite des aventures de Kate Walker.
Syberia 2 est sorti en 2004 et a connu un chouette succès, tant critique que financier. En 2009, une suite est annoncée, pas forcément en grandes pompes. Et pour cause, Microids n'est pas très sûr de lui et le développement va connaître des hauts et des bas, pour être régulièrement mis en stand by tant il n'est pas dans les priorités de l'éditeur / développeur. Il faut dire que le genre du point'n click n'est plus aussi à la mode qu'au milieu des années 90.

De plus, le jeu passe à la sauce 3D là où il proposait jusque là un gameplay purement point'n click. Cela va engager de sacrés challenges pour son auteur, Benoit Sokal, et les équipes de développement. Cela se ressentira sur le résultat final.
Syberia 2 venait clore l'histoire initiée dans le premier épisode. Une conclusion de l'aventure ? Oui, car si le scénario de ce troisième épisode prend place directement après les deux premiers, mais part sur une nouvelle aventure, un nouveau périple.
Si vous n'avez pas joué aux deux premiers épisodes, je ne peux que vous conseiller de le faire. Syberia 3 est un nouveau scénar, mais le monde mis en place, si particulier, demande quelques explications qui ne sont pas données ici, où l'on part à l'aventure sans aucun résumé préalable.

L'ambiance Syberia toujours présente
Vous incarnez toujours Kate Walker. Katewalke. Kate Kate Walker.
Vous êtes sauvée du froid par les Yukols, ce peuple qui anime les histoires de la série. Cette fois, ils sont à dos d'autruches géantes pour une migration ayant lieu tous les vingt-cinq ans. Sauf que ça ne va pas être une partie de plaisir tant ils vont se prendre dans les dents la xénophobie ou le progrès technique, eux qui ne jurent que par leurs traditions.
Premier bémol : tout comme dans le premier épisode, il ne faut pas trop chercher la petite bête dans le scénario. On est ici typiquement dans un déroulement de point'n click, avec une suspension d'incrédulité passablement relâchée. Cela ne me pose aucun problème, même si les grands méchants de cet épisode sont passablement... caricaturaux.

En revanche, on retrouve cette ambiance si particulière propre à la série, où tout peut arriver. Une réalité alternative mettant en place une Russie fantasmée avec une petite pointe de steam punk. C'est toujours aussi réussi. Et même chose pour la musique, toujours aussi planante et ethnique.
Une technique lacunaire... à la sortie du jeu
Une belle ambiance, un nouveau scénario dans la lignée du précédent, c'est du tout bon ?
À la sortie du jeu, pas forcément. On reproche beaucoup à Syberia 3 sa technique à la ramasse, avec une réalisation datée. De mon côté, j'y joue en 2025, et cela ne me gêne absolument pas. Visiblement, un gros boulot de finition a été fait par Microids après la sortie.

Certes, les déplacements sont rigides, mais finalement ce qui est reproché au jeu est exactement identique à ce que l'on pouvait regretter dans les précédents épisodes : une caméra pas toujours bien placée. On peut également reprocher une VF très scolaire. C'est un plaisir énorme de retrouver Kate Walker et sa voix d'origine. En revanche, j'ai même imaginé qu'un personnage était un robot et que cela allait donner un twist plus tard dans le jeu tant le doublage est naze...
À cela vient s'ajouter une maniabilité à la manette régulièrement capricieuse. On est toutefois visiblement très loin des problèmes de ralentissements et de crash subits lors de la sortie du jeu. Et sur Steam Deck, la maniabilité hybride trackpad pour la souris et le reste à la manette se révèle bien pratique pour contrer ce gameplay parfois approximatif.
La première moitié de l'aventure propose une difficulté plutôt basse. En revanche, la seconde est bien plus relevée, avec ce qui fait le charme de Syberia : des énigmes assez corsées sous forme de puzzle.

Il faut entre douze et quinze heures de jeu pour voir le bout de l'aventure. Niveau rythme ,c'est un poil trop long, à mes yeux la seconde partie de l'aventure tirant régulièrement en longueur.










