Chroniqué par Nicolas Gilles
Il y a des jeux comme ça, qui ne vieillissent pas, ou très peu.Une licence au long cours
Syberia est sorti en 2002 sur PC. Il est adapté l'année suivante sur Xbox et Playstation 2. Une version DS verra le jour en 2008 et on aura même droit à une version Nintendo Switch en 2017.
Une licence increvable qui s'étend sur bien des années, puisque Syberia 2, la suite directe (on pourrait même parler de deuxième partie) sort en 2004, que le troisième sort en 2017 et le quatrième en 2022.

Une longévité pas banale pour un jeu qui ne l'est pas moins dans son développement. Derrière la série, on n'a pas des habitués du jeu vidéo, mais Benoit Sokal, un auteur de bande dessinée et scénariste. Pas un développeur. Cela explique le fait que son nom soit régulièrement mentionné sur les boites des jeux, à côté du titre. Ce n'est pas de l'égocentrisme, c'est une approche qui rappelle celle des bandes dessinées.
Notre homme s'était déjà fait la main sur L'Amerzone, un jeu d'aventure qui a également marqué son époque.
Bonjour Kate Walker
Syberia est un point'n click. Et de ce côté là, c'est du classique, solide.

Vous incarnez Kate Walker, une avocate qui se retrouve en France, dans le petit village de Valadilène, situé dans les Alpes, où se trouve une usine d'automates qu'elle doit racheter pour le compte de son client, la Universal Toys.
Une fois sur place, elle se trouve derrière un cortège d'automates pour un enterrement. A part ça, vous n'avez pas beaucoup d'informations.
C'est tout le sel de la première partie du jeu : comprendre ce que vous faites là et comment vous allez arriver à mener à bien votre mission. Peu à peu, on comprend qui sont ces automatiques qui donnent au jeu ce côté si particulier.

Entourée de conards ?
Ce qui ressort de Syberia, c'est son ambiance. Graphiquement, c'est superbe, tant artistiquement que techniquement, et ça n'a pas vieilli, même depuis 2002 !
Les décors sont fixes, seuls les personnages sont en 3D, ce qui permet beaucoup plus de souplesse. Et il faut également reconnaitre que cela correspond parfaitement au genre qu'est le point'n click.
Les mécaniques sont connues, avec leur lot de difficulté : il est parfois (et même régulièrement) assez galère de savoir quoi faire. C'est toujours logique, mais comme on évolue dans des décors souvent assez grands, il est quasiment impossible de tout essayer partout.
L'ensemble est assez onirique, avec des musiques discrètes mais planantes, laissant la part belle à l'imagination.

Côté personnages, l'ensemble du jeu est en français, avec un doublage de qualité. Cela ajoute énormément à l'immersion.
Les automates sont les vraies stars du jeu, on croise également d'autres personnages particulirement hauts en couleur, ajoutant au côté fantastique du jeu.
En revanche, les amis, collègues et compagnons de Kate qui lui passent régulièrement des coups de fils sont plutôt mal caractérisés. Le monde des avocats est dépeint comme un monde d'enculés, avec des gens qui n'ont aucune empathie, alors que Kate n'est pas du tout comme cela. Un manque de cohérance qui peut parfois faire un peu sortir de l'histoire. Mais bon, je chipote.

Il faut environ huit heures pour voir le bout de l'aventure. Le bout, vraiment ? Car finalement, Syberia premier du nom n'est que la première partie de l'aventure. Il faut attendre le deuxième épisode pour connaître la suite de l'aventure de Kate Walker.








