Chroniqué par Nicolas Gilles
Il y a des jeux dont le concept est juste génial. On en tient un beau spécimen ici.Un concept brillant
Viewfinder est le premier jeu d'un studio écossais, Sad Owl Studios (que l'on peut raccourcir en SOS). Il sort en 2023 sur PC, PS4 et PS5 en 2023, édité par Thunderful, puis en 2025 sur Xbox, comme ça pas de jaloux.
Le jeu est sorti de nulle part, mais il n'a fallu qu'une petite démo technique pour convaincre tous ceux qui l'ont visionnée : le concept est aussi simple que génial.

Viewfinder se base sur les illusions d'optique. Un peu comme Monument Valley, mais d'une façon totalement différente.
Ici, ce sont les photos principalement, et plus généralement les questions de perspectives et de positionnement.
Imaginez : vous trouvez une photo. Vous la placez devant vous. Vous l'orientez comme vous voulez, vous appuyez sur un bouton... et là, paf ! La photo s'incruste dans la réalité !

Fabriquer des ponts, atteindre des endroits inaccessibles, tout devient alors possible. Et ce n'est que le début !
Oui, il y a un scénario aussi
Souvent, les jeux de réflexion n'ont pas grand chose au niveau du scénario. Il y a bien entendu des exceptions comme Talos Principle ou encore Portal.
Ici, l'histoire contée n'est pas particulièrement palpitante, mais elle a le mérite d'être là et de rythmer l'aventure tout au long des cinq "mondes" que l'on va parcourir.

Non, décidément, dans Viewfinder, ce qui scotche, c'est son game design et son concept.
Un puzzle accessible et malin
Viewfinder fait partie des jeux qui donnent l'impression d'être intelligent. Lorque l'on trouve une solution, on s'émerveille à la fois de l'inventivité des développeurs tout en étant fier d'avoir trouvé.
Le jeu n'est pas difficile, mais fait chauffer vos neurones juste ce qu'il faut. Les amateurs de triturage de cerveau le trouveront certainement trop simple, mais il propose un challenge du même niveau que Monument Valley : c'est zen, on réfléchit, mais on n'en ressort pas essoré ou perdu, bien au contraire.

Tout au long des cinq mondes, composés d'une quinzaine de portes à passer chacun, vous serez confronté à différentes situations. Il n'est pas uniquement question de placer des photos qui se créent sous vos yeux, il est également question de choisir son angle, de prendre soi-même les photos, de jouer avec les formes, les couleurs.
En cela, Viewfinder sait se renouveler pour ne jamais sembler redondant. De même, il ne tombe jamais dans le die and retry, sauf pour un dernier niveau dont je me serais bien passé.
Il faut environ cinq à six heures pour en voir le bout. Ce n'est pas énorme, mais c'est parfait en termes de rythme.










