Chroniqué par Nicolas Gilles
Yoshi arrive dans un nouvel épisode qui sort clairement des sentiers battus et vous propose de faire des découvertes scientifiques. Ou un truc du genre.Un Yoshi prévisiblement là où on ne l'attend pas
Les Yoshi ont toujours été un peu à part dans l'univers de Nintendo. Déjà dans Super Mario World 2, également appelé Yoshi Island, le jeu se caractérisait par un rendu graphiquement très différent, comme dessiné à la main.
Cela se continuera au gré des épisodes, avec des trucs toujours très différents, avec à chaque fois un concept sortant des sentiers battus. Et avec Yoshi and the Mysterious Book, on est une fois de plus face à quelque chose de différent. Peut-être même encore plus différent de ce que l'on avait vu jusque-là.

Le jeu est développé par le studio Good-Feel, créé en 2005 par des anciens de chez Konami. Ce n'est pas leur premier Yoshi puisqu'on leur doit déjà Yoshi's Wooly World sur WiiU puis sur 3DS et le précédent opus Switch, Yoshi's Crafted World.
Réapprendre le jeu vidéo
Les débuts dans le jeu sont très déstabilisants... ce n'est rien de le dire. Yoshi's and the Mysterious Book est-il un jeu de plateforme ? Oui, mais pas vraiment en fait.
Le scénario n'est qu'un prétexte : Bowser Jr traine dans la bibliothèque de son père lorsqu'il découvre un livre vivant et assoupi, Mystérius. En l'ouvrant, il découvre l'illustration d'un oiseau mythique, le Morphénix, volant autour des îles où vivent les Yoshi. Il est aspiré par le livre, ce qui arrivera rapidement aux Yoshi également.

Votre but sera d'aider le livre à retrouver l'étendue de ses connaissances éparpillées par ce petit con de Bower Jr en étudiant les divers spécimens qui composent le sommaire de ses pages.
Un niveau = une espèce à découvrir. Une fois en présence de la créature, il faut tester des choses : essayer de la bouffer, de la faire monter sur notre dos, de lui sauter dessus, de la mettre dans l'eau, de la lancer, de la mettre en contact avec une matière particulière... les possibilités sont énormes, et le jeu devient un bac à sable immense dans lequel on cherche sans arrêt à provoquer de nouvelles situations, que ne manquera pas de commenter Mysterius. En gros, c'est une simulation de découvertes scientifiques à la sauce Nintendo. Pas banal.
Lorsque l'on arrive dans le niveau, on ne sait pas ce qu'il convient de faire pour le terminer. Il ne suffit surtout pas d'aller vers la droite, il faut provoquer une action qui marquera la fin du niveau. Et même là, cela ne sera pas forcément suffisant : au sein du niveau, chaque découverte vous fera gagner des étoiles, tandis que des fleurs cachées vous permettront de débloquer des aides pour votre exploration, si bien que même une fois la fin du niveau débloquée, on continuera, histoire d'essayer un ou deux derniers trucs.

Yoshi's and the Mysterious Book : c'est pour quel public ?
Il est difficile de définir un public pour cet épisode de Yoshi. Sous ses côtés mignons tout plein, il est parfois impitoyable, et demande une vraie dextérité. Chaque niveau étant l'occasion d'un gameplay différent, il faut reconnaître qu'ils ne sont pas tous égaux en termes de qualité. Pire, on en trouve régulièrement qui sont basés sur le mouvement, l'orientation de votre personnage et des supports du niveau, bref, du motion gaming au sein même du jeu, avec le côté aléatoire qui va avec et qui n'aura pas manqué de me faire pester.
D'autre part, il est au contraire énormément permissif, permettant de terminer le jeu d'une traite, sans s'emmerder à trop fouiller et faire des trouvailles. Il n'est pas possible de mourir, mais ce n'est pas là qu'est la difficulté.
Les étoiles qui permettent de débloquer les mondes suivants, je les ai trouvées naturellement, sans jamais refaire deux fois le même niveau. Pourtant, j'ai terminé le jeu en étant très très loin de récupérer toutes les étoiles. Le souci, c'est que je ne sais pas au juste combien j'en ai raté, le jeu ne nous donnant qu'un exemple de trouvaille, grisé, en fin de niveau.

C'est frustrant pour les complétistes qui ne peuvent pas cocher des cases au gré de leurs découvertes. C'est au contraire grisant pour ceux qui n'ont pas l'habitude de jouer ou qui se foutent des objectifs pour progresser. À vous de choisir votre camp, et il y a fort à parier que votre cœur risque de balancer d'un niveau à l'autre.
Même dans sa structure, ce Yoshi n'est pas habituel. Un premier générique de fin arrive au milieu du jeu, avant qu'arrive un second. Et encore, on a même deux nouveaux mondes à parcourir après tout ça. Étonnant.
Il m'a fallu une bonne quinzaine d'heures pour en voir le bout, et je suis loin d'avoir tout découvert.











