Il aura fallu dix longues années à Capcom pour enfin sortir le tout nouvel épisode de sa série phare. Dix ans durant lesquels les fans de jeux de baston durent se contenter de remakes et de compilations. Dix ans à se replonger encore et encore dans Street Fighter II et 3. En ce 20 février 2009, cette attente prend officiellement fin avec la sortie du quatrième volet des aventures de Ryu et Ken. La patience des fans de la première heure sera-t-elle récompensée ? Réponse à suivre…

On ne présente plus Street Fighter. Cette saga initiée en 1987 avec le très moyen jeu sorti sur Arcade et PC Engine CD, mais réellement devenue célèbre quatre ans plus tard avec la sortie d’un second volet qui rendra le fighting game extrêmement populaire dans le monde entier. Jamais un jeu n’avait déclenché une telle ferveur chez les joueurs, tant et si bien que les gérants de salles d’arcade n’arrivaient qu’à grande peine à vider leurs bornes pleines à ras bord de monnaie. La pression pesant sur les épaules de ce quatrième épisode était donc très forte, mettant Capcom devant un défi de taille : réussir à conquérir de nouveaux joueurs tout en ne décevant pas les fans de la première heure. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le créateur de Resident Evil s’en est sorti avec brio en opérant un regroupement des forces ayant fait des précédents opus des hits en puissance.

C’est ainsi que l’on retrouvera avec joie une maniabilité maintes et maintes fois éprouvée, basée sur six touches d’action correspondant chacune à un coup d’une puissance différente (pied léger/moyen/fort, poing léger/moyen/fort). Sont également de la partie les coups spéciaux, que vous pourrez combiner avec des enchainements endiablés infligeant moult hits à votre adversaire désemparé. On retrouve en bas de l’écran la jauge ayant fait son apparition dans Super Street Fighter 2X, et permettant de lancer des furies dévastatrices une fois remplie. Vous pourrez néanmoins choisir de n’utiliser que le quart de cette barre afin de lancer une attaque EX, dérivé des coups spéciaux à mi-chemin entre ces derniers et les furies. Cette possibilité déjà présente dans SFIII passera par la même manipulation qu’un coup spécial normal, à ceci près que vous devrez appuyer sur une touche différente pour le lancer. En plus de cette barre de furie tout sauf inédite, on remarquera également l’apparition d’une jauge d’Ultra. Concrètement, celle-ci se remplira dès lors que vous subirez des dommages. Une fois pleine, vous serez en mesure de déclencher un Ultra Combo, attaque d’une puissance sans commune mesure avec une furie normale. Les combats gardent ainsi une forte dose d’imprévu, puisqu’une situation pourra toujours voir la tendance s’inverser grâce à cette spécificité.

Street Fighter IV : le retour du roi
Street Fighter IV : le retour du roi

En ce qui concerne la défense, les aficionados de Street Fighter III regretteront amèrement la disparition du parry system. Un petit rappel s’impose pour les plus jeunes. Ce système de contre permettait au joueur, en avançant vers son adversaire à l’instant précis où il déclenchait son attaque, d’annuler l’effet du coup pour ensuite contre-attaquer. La technicité du gameplay en était poussée vers des sommets, et l’on avait découvert sur le net de splendides vidéos montrant des joueurs capables de parer tous les coups d’une furie par ce biais (exploit, il faut bien le reconnaitre, difficilement réalisable par le commun des mortels). Ici, ce système pour le moins novateur est remplacé par le focus attack. Vous pourrez ainsi charger votre coup, et encaisser une mandale de votre adversaire sans subir le moindre dommage pour ensuite répliquer d’un coup magistral. Si ce nouveau système est clairement plus accessible que l’ancien, il n’en reste pas moins diablement efficace et a le mérite d’être à la portée des joueurs néophytes pour peu qu’ils parviennent à respecter un timing assez serré.

Ne vous mèprenez pas : si Street Fighter IV a conservé un gameplay 2D, la modélisation n’en est pas moins basée sur la troisième dimension. Après la décevante série des Street Fighter EX, ce nouvel essai dans le domaine de la modélisation 3D représente une évolution de taille pour la saga de Capcom. En son temps, SFIII avait déjà étonné les foules grâce à une animation incroyablement bien décomposée. Ici, c’est au niveau de la modélisation des personnages que la surprise sera la plus grande. Là où la plupart des jeux actuels jouent la carte du réalisme, SFIV propose au joueur un rendu nettement plus proche d’un dessin animé, à mi-chemin entre une modélisation classique et du cel-shading. Le tout est assez difficile à décrire avec des mots, puisqu’un tel rendu est tout simplement inédit dans le monde des jeux vidéo. Il a d’ailleurs déclenché une tempête de critiques envers le soft des mois avant sa sortie, certains accusant Capcom de nous sortir un titre indigne d’une console next-gen graphiquement parlant. Pour ma part, je suis instantanément tombé sous le charme de cette identité graphique bien particulière. A chaque nouvelle génération de jeux, Capcom s’est fait un devoir de proposer une patte visuelle inédite et ce quatrième épisode ne déroge pas à la règle, pour le plus grand plaisir des fans. A côté de cela, chaque coup spécial donne lieu à une véritable tempête d’effets visuels tous plus beaux les uns que les autres, ainsi qu’à des effets de caméra tout aussi réussis. Les ultras sont d’ailleurs toutes accompagnées de courtes cut-scenes du plus bel effet donnant au tout une dimension cinématographique indéniable, impression renforcée par la présence de séquences animées scénarisant efficacement le tout. Bref, on en prend plein les mirettes d’un bout à l’autre du jeu avec des combats aussi spectaculaires que jouissifs.

Côté casting, Capcom a en revanche joué la sécurité en prenant pour base les protagonistes déjà connus du plus grand nombre. Vous retrouverez ainsi la totalité des persos présents dans Street Fighter 2, ainsi que d’autres figures connues comme Sakura, Fei Long ou Cammy. Vous découvrirez cependant de nouvelles têtes pour un total de vingt cinq acteurs tous indispensables (dont seize disponibles dès le début). C’est avec un plaisir non dissimulé que l’on incarnera, par exemple, le fameux Gouken ayant appris à Ryu et Ken l’art secret du Hado. Contrairement à d’autres jeux de la saga, les nouveaux arrivants apportent un réel plus et vous donneront envie de les maitriser en totalité. Pour parler du contenu d’une manière plus générale, vous aurez accès à une pléthore de modes de jeu que je vous laisse le plaisir de découvrir par vous-même. Autant vous dire que votre console mourra bien avant votre envie de jouer à ce Street Fighter IV, d’autant que le savant dosage de la difficulté ayant participé à la renommée de la série n’a en rien été altéré.
culte, indispensable !

Street Fighter IV

La note parle d’elle-même : SF4 est une véritable bombe ! Capcom a su reprendre le meilleur des précédents épisodes tout en nous offrant un véritable renouveau de sa série culte. On pourrait cependant émettre d’un petit bémol. Bannissez de votre esprit l’idée d’utiliser le pad de la 360. L’horrible placement de la croix directionnelle aura pour effet de gâcher tout le plaisir de jouer. Optez plutôt pour un pad/stick spécialement prévu pour les jeux de baston. Mais ce petit défaut fait office de bagatelle au regard des nombreuses qualités du soft qui représente l’évolution la plus marquante depuis le second épisode.

La note : 6/6 (culte, indispensable !)