Chroniqué par Nicolas Gilles
Des fantômes, partout. Et plein de cul-bénis. Bienvenue en Nouvelle Angleterre.Pour l'amour et les fantômes
Banishers : Ghosts of New Eden fait partie du pan action / aventure du studio français Don't Nod. On les connaît généralement plus pour Life is Strange, une série de jeux narratifs souvent excellents.
Mais le studio propose également des jeux d'aventure. D'ailleurs, leur premier jeu, Remember Me, en était un. On a aussi eu Vampyr.

Le pitch de départ est plutôt original. Vous incarnez Red mac Raith, un banisseur. Nous sommes en 1695 dans ce qui deviendra l'Amérique. Il est accompagné - ou plutôt il accompagne puisqu'elle a bien plus d'expérience que lui - Antea Duarte, sa compagne, mentor et amoureuse.
C'est quoi au juste un banisseur ? C'est une sorte de prêtre pour fantômes, qui s'occupe des personnes hantées. Il peut alors bannir le fantôme maléfique ou élever l'âme en peine. Il peut également blâmer le vivant pour ses actes.
Durant les deux premières heures de l'aventure, on suit leurs traces sur le chemin de New Eden, une bourgade qui semble salement hantée.

Seulement voilà, durant le combat, Antea se fait tuer... et revient auprès de Red sous forme de fantôme. Un comble !
Des enquêtes pas banales
Banishers se présente comme un RPG classique dans son gameplay : vous devez mener à bien des quêtes qui vous rapportent de l'expérience, et faire avancer le scénario.
Ce qui est original, c'est que vous incarnez à la fois Red et Antea, en passant de l'un à l'autre par la simple pression d'une touche. Antea, en tant que fantôme, dispose de pouvoirs lui permettant de voir des choses invisibles pour les vivants. Cela rend le côté exploration plus sympathique.

Du côté des combats, c'est plutôt classique : ils se déroulent contre des fantômes, prenant le contrôle de monstres de chair, ou vous bastonnant directement sous forme spectrale. À part ça, rien de bien original : coup faible, coup fort, mais à nouveau le twist de pouvoir faire intervenir Antea, qui dispose d'aptitudes différentes... mais rien de bien original de ce côté-là, même si l'ensemble est carré et dynamique comme on est en droit de l'espérer.
Ce qui est cool, c'est l'ambiance : c'est sombre, et cela se passe à une époque finalement pas si présente que cela dans le monde du jeu vidéo (on peut penser au moisi Assassin's Creed III et son héros atrophié). On y retrouve cette ambiance si particulière faite de personnages partis pour refaire leur vie à l'autre bout du monde, le tout mâtiné d'un puritanisme crasse typique de l'époque.
Des enquêtes pas banales
Ce qui est plus original, ce sont les enquêtes. Tout au long de l'aventure, vous aurez à mener à bien votre travail de banisseur. Une personne hantée ? Il vous faut en apprendre plus sur sa vie, suivre une piste, souvent se battre, trouver le fin mot de l'histoire puis confronter le fantôme et l'humain tourmenté.

Ces enquêtes sont les seules quêtes annexes de Banishers. Je ne les ai pas toutes faites, mais elles sont particulièrement réussies. C'est un plaisir de comprendre les aspirations de chaque protagoniste, pour ensuite faire notre choix.
Un choix ? Mais pourquoi ?
Ce qui est plus étonnant, c'est le choix que l'on doit faire au début du jeu concernant le sort d'Antea.
C'est assez factice et ça pue le trigger waring "attention, vos actes en tant que banisseur auront un impact sur la fin du jeu". C'est artificiel et totalement inutile.

Un RPG qui tire en longueur
Banishers est agréable à parcourir. Il m'a fallu une trentaine d'heures pour en voir le bout. Mais sur ces trente heures, il y en a bien une dizaine de trop, le jeu tire en longueur, surtout la fin de l'aventure, tellement prévisible et sans surprise.
C'est certainement ce qui lui donne sa réputation de jeu moyen. Alors oui, il tire en longueur ; oui, c'est un peu répétitif au niveau des combats, mais son ambiance, le monde qu'il met en place et ses personnages font que l'on a envie de continuer. Et c'est ce que je recherche dans un RPG.
Banishers : Ghosts of New Eden sur Steam Deck
Le jeu est considéré comme jouable par Valve. Je confirme qu'il l'est parfaitement. En jouant un peu avec les options, on obtient un jeu très chouette visuellement qui ne rame pas du tout. Bien entendu, on est en dessous du rendu de la version Playstation 5, mais sur l'écran de la Steam Deck, c'est déjà très bien.











