Chroniqué par Nicolas Gilles
La NES est vraiment la reine pour proposer des deuxièmes épisodes totalement what the fuck.Mais c'est quoi ce truc ?
Castlevania II Simon's Quest souffre d'une réputation calamiteuse. Il y a des casseroles qui passent avec le temps. Eh bien là, non, que dalle.
Le jeu, toujours développé par Konami, sort un an après le premier épisode de Castlevania. Un épisode au déroulement plutôt classique où Simon Belmont devait progresser dans un château pour affronter "Le Maître". Dans ce deuxième épisode, qui est une suite directe, le maître en question est enfin appelé par son vrai nom : Dracula.

Mais pire que ça, Simon a été maudit ! Il faut donc à nouveau aller casser la gueule du grand méchant, histoire de sauver le monde... et sa peau.
Tout commence dans un village. Et là, on se souvient d'un certain Zelda II, très décrié car sortant copieusement du modèle de la série. Eh bien là, c'est pareil, mais pas pareil. Je m'explique.
Castlevania II : the Adventure of Simon ?
On commence donc dans un village, où les citoyens nous racontent des trucs de deux types : des conneries, et surtout des indices qui vous permettront de tracer votre chemin. Un petit côté aventure pas mal sur le papier, mais bien trop bordélique pour être agréable.

Parce que voilà : il n'y a aucun plan (enfin, seulement dans la version japonaise). On se balade, puis on revient au village. Est-ce réellement le même ou un autre ? Visuellement c'est tellement pauvre que l'on se pose la question.
Et d'un seul coup, la nuit arrive. La petite phrase arrive alors : "What a horrible night to have a curse". Castlevania II est l'un des premiers jeux mettant en scène une alternance entre le jour et la nuit. Une bien belle idée ? Oui, mais comme le reste, implémentée comme une merde.
La nuit, les adversaires sont deux fois plus puissants. Du coup, a force d'en prendre trop dans la gueule, on va se planquer dans un coin et on attend que la nuit passe. C'est d'ailleurs indispensable lorsque l'on est dans une ville, car la nuit, les villageois se planquent et il est impossible de leur parler ou de leur acheter des trucs.

Or dans un village, outre les indices moisis, on trouve de quoi améliorer son personnage. Et ces améliorations sont indispensables pour pouvoir continuer l'aventure.
Vous pouvez acheter de l'eau bénite qui permet de péter des murs (et c'est l'un des artifices de gameplay les plus répandus dans le jeu) ou encore améliorer votre fouet pour le rendre plus puissant.
Et là, autre truc casse couille : la monnaie du jeu, ce sont les cœurs. Et ces cœurs se trouvent sur les cadavres de vos adversaires. C'est parti pour des séances de tour de cons à péter du monstre juste histoire de récupérer assez de thunes pour pouvoir s'offrir un fouet tout neuf et plus puissant.

Il faut donc être patient. Toutefois, cela ne sera pas suffisant.
Une traduction de merde, mais pas seulement
Les indices donnés par les villageois vous indiquent quoi faire. Enfin, ils devraient.
Or il y a deux problèmes : le premier, c'est que la traduction anglaise est pourrie, les traducteurs n'ont pas pris la peine de traduire correctement les choses, si bien que l'on n'y comprend pas grand-chose. Il existe bien des fan trads qui améliorent tout cela, mais ce n'est à nouveau pas suffisant.
Car même en comprenant le japonais, les indices sont régulièrement cryptiques et il faut vraiment tourner des heures et des heures pour connaître le jeu comme sa poche afin de pouvoir éventuellement comprendre. On peut aussi balancer de l'eau bénite sur tous les murs et espérer trouver la suite de son chemin.
Bref, Castelvenia II vous fait faire de la borne pour pas grand-chose.
Le premier metroidvania ?
En revanche, on peut voir dans cet épisode les prémices de ce qui deviendra le metroidvania. Certes, Metroid premier du nom, également sorti sur NES un an plus tôt, en 1986, posait déjà ces bases, et ce de façon incroyablement plus maitrisée.
Castlevania II tente sa propre recette, mais se gaufre totalement en proposant quelque chose d'imbitable et où seuls les plus persévérants pourront prétendre y prendre plaisir.






